La saline royale d’Arc-et-Senans

La saline royale d’Arc et Senans a été inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1982. En 2009, les salines de Salins les Bains ont rejoint les salines royales pour former un ensemble reconnu par l’UNESCO.

A une époque où les réfrigérateurs n’étaient pas très répandus, l’utilisation de sel constituait l’un des seuls moyens de conservation des aliments. Il intervenait également dans la transformation de nombreux produits de première nécessité (comme le traitement des peaux). En Franche-Comté, le sel est qualifié d’ignigène, c’est-à-dire obtenu à partir d’une source de chaleur artificielle en l’occurrence le feu. En Franche-Comté, l’eau qui ruisselle au milieu des calcaires vient se charger en sel auprès de gisements salifères. A Salins les Bains, cette saumure (eau chargée en sel) était pompée pour être placée dans de grands poêles où les ouvriers des salines vont assurer l’évaporation de l’eau afin de concentrer la teneur en sel jusqu’à cristallisation de ce dernier. Mais ce procédé est très gourmand en bois. Ce dernier commence à manquer à partir du XVIème siècle et surtout à partir du XVIIème. A tel point que l’exploitation du sel à Salins les Bains devient déficitaire. En 1678 (traité de Nimègue), la Franche-Comté devient française et Louis XIV décide de construire une nouvelle saline afin d’améliorer le rendement de la production de sel en Franche-Comté et ainsi les retombées via la gabelle, l’impôt sur le sel. Cette nouvelle usine sera construite en lisière de la forêt de Chaux sur la commune d’Arc et Senans afin de résoudre les problèmes d’approvisionnement en bois. Si le bois se trouvait à proximité, les sources d’eau salée restaient à Salins les Bains. Il a donc fallu construire une canalisation, appelée saumoduc étant donné la saumure qu’elle transportait. Deux saumoducs parallèles de 21 km de long ont été construits. Ils suivaient le cours de la Furieuse puis de la Loue. Ce parcours est connu aujourd’hui sous le nom de chemin des Gabelous qui étaient les agents en charge de la surveillance de la contrebande du sel. Ces saumoducs étaient à l’origine constitués de troncs de sapins évidés emboîtés les uns dans les autres. L’ensemble de la construction a nécessité 15000 sapins de la forêt de Chaux (le sapin avait l’avantage d’avoir des troncs très linéaires). Cependant les fissures naturelles des troncs et les outrages du sel font qu’environ 30% de la saumure était perdue le long du trajet. Ces fragments de troncs évidés appelés « bourneaux » ont été ensuite remplacés par des conduites de fonte.

C’est Claude Nicolas Ledoux qui fût en charge de la construction de la nouvelle saline royale. Son œuvre constitue l’une des seules industries à avoir été construites avec autant d’application que les monuments et les châteaux. Réalisée entre 1775 et 1779, elle se caractérise par le regroupement sur un même site de l’unité de production et de l’habitat ouvrier bien avant les cités ouvrières de la révolution industrielle. Dans la tête de Claude Nicolas Ledoux, la saline royale d’Arc et Senans s’inscrit au sein d’une ville utopique où l’architecture de chaque bâtiment devra révéler sa fonction (Source : La Saline royale d’Arc-et-Senans – Nouvelles Éditions Scala)

Mais la meilleure manière d’en apprendre sur cette saline, c’est d’aller la visiter. Par exemple entre le 24 juin et le 23 octobre 2011, période pendant laquelle se déroule le 11ème festival des jardins sur le thème : Le goût du monde, du potager du roi aux jardins ouvriers (le diaporama suivant présente quelques clichés de l’édition 2010).


4 commentaires Ajoutez le votre

  1. Stéphane dit :

    Comment profiter seul (ou à deux) de la saline royale d’Arc et Senans? Se laisser enfermer et y dormir. Dormir ou profiter de la mise en lumière nocturne de la saline.

    Dormez dans un domaine royal !

  2. Un site où il fait bon s’y promener, billebauder, et visiter avec ou sans chaussure de marche aux pieds …
    De belles photos en plus à la cléf ce qui ne gâche rien… Au plaisir de parcourir vos prochains articles !

    1. Stéphane dit :

      Au plaisir de vous croiser à nouveau au détour d’un article. A bientôt…

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