Pélion, station balnéaire grecque: découvertes, paysages et convivialité authentique

Que ceux qui ont entendu parler de Santorin lèvent la main. Houlà, il y a du monde ! Et maintenant, qui connaît le Pélion en Grèce ? Un bras… deux bras… trois ? Ah non, la dame se gratte l’oreille. Commençons par une pointe de géographie. Il se trouve dans le département de la Magnésie, où les Grecs anciens ont observé interloqués certaines pierres attirer le fer, ce qui a donné le mot magnétisme. De notre côté, ce sont les paysages du Pélion qui nous ont aimantés. Ne vous laissez pas leurrer par la petitesse du Pélion sur une carte, ses routes sinueuses multiplient les distances par quatre. À l’entrée des montagnes du Pélion, ce sont des routes en cours de raccommodage qui nous accueillent.

Nous sommes néanmoins surpris par la beauté de ce village tout en pierre, par ses toits en lauze, ses vieilles maisons à encorbellement et les platanes démesurés qui le capuchonnent. Rassurez-vous, quelques montagnes plus loin, la météo se ravise et rend le soleil jusqu’à la fin de notre séjour pélionite. Notre premier logement se trouve à Agios Ioannis. Le soir venu, nous passons de restaurant en restaurant à la recherche d’un bon repas végétarien, que nous finissons par trouver dans une taverne bien taverneuse. Agios Ioannis est réputé être le centre névralgique de l’animation dans le nord-Pélion, mais cela ne se remarque pas vraiment au début du mois de mai. Sur la première, n’hésitez surtout pas à prévoir un arrêt au café-restaurant Victoria pour le petit ou le grand déjeuner.

pélion carte et paysages

… interrompue après deux minutes par la seconde crique de Damouchari. Cette fois c’est parti. Thaïlande ? Philippines ? La descente finale jusqu’au sable est un peu acrobatique, mais la récompense vaut clairement l’effort. L’eau encore glaciale du mois de mai revigore avec efficacité les muscles fatigués ! Le lendemain, rebelote, nous retournons marcher au bord de l’eau. Notre nouveau point de départ est la scotchante plage de Milopotamos. La compétition de turquoise est rude au nord du Pélion ! La balade, moins intéressante que la veille, consiste à traverser une mini vallée, puis suivre une route bitumée entre les oliveraies sur deux kilomètres. Encore une fois, nous sommes seuls à marcher. L’arrivée sur Limnionas est temporairement défigurée par des travaux postdiluviens, que nous oublions instantanément sur la plage. L’eau est d’un turquoise à concurrencer les Bahamas. Voyez plutôt !

Avant de rentrer à Agios Ioannis, nous passons tirer la révérence au plus vieux platane du Pélion, au cœur du village de Tsagkarada. Poursuivons avec trois vieillards perchés qui s’enchaînent facilement. Le premier est Milies, qui signifie « pommiers ». Et comme la vie est bien faite, c’est ici que l’on croque les meilleures pommes de Grèce, ainsi que toutes les déclinaisons possibles. Milies est aussi connu pour son train à vapeur qui redescend de la montagne à travers la forêt et les vues panoramiques. Les rails n’ont pas apprécié les trombes d’eau, mais ils ont pu reprendre du service quelques mois après notre visite (voir infos). La balade sous les grands arbres est superbe et bien plate pour les allergiques au dénivelé. Quant au risque de se faire aplatir par le train, rassurez-vous, il est suffisamment lent, étroit et braillard pour éviter tout accident.

train à vapeur Milies pélion

Notre étape suivante s’appelle Vizitsa, peuplée de vieilles pierres et de maisons traditionnelles parmi les plus impressionnantes du Pélion. Nous terminons notre tournée par Pinakates, village le plus typique de la triplette. Pour conclure la journée, nous pouvons vous recommander ici l’excellent restaurant Pileas Pinakates. En grec, on dit que c’est la philoxenia, c’est-à-dire « amour de l’étranger ». En chemin, nous marquons une pause à Afissos, décrit par le Routard comme l’un des plus beaux villages du Pélion. C’est à Chorto que nous posons nos balluchons. Le tour en est encore plus vite fait, mais comme il s’agit de notre nouveau chez nous, nous tournons davantage.

Afissos village du Pélion

Trois ou quatre restaurants, des hôtels, des collines boisées, quelques morceaux de plages et c’est à peu près tout. Milina, le village suivant, est bien plus animé. En la presque absence de touristes étrangers, nous faisons connaissance avec le tourisme grec, qui consiste à passer la moitié de la journée à la terrasse d’une taverne, avec famille ou amis, et l’autre moitié à celle d’un café. Et plus Pâques (orthodoxe) approche, plus les tables s’allongent. Dans la culture grecque, Pâques est plus importante que Noël, et l’occasion de grandes retrouvailles familiales. Même en traversant les ruelles pittoresques, nous entendons des rires grimper depuis chaque jardin fleuri. L’appel de la mer est trop fort, nous replongeons vers deux plages qui se touchent presque.

La première, Mikro, aligne entre les lauriers roses quelques maisons, hôtels et restaurants et possède du sable fin, cela change des galets. Nous sommes quasiment seuls. Pour atteindre la plage suivante de Platanias, il y a deux solutions : quinze minutes à pied ou trente en voiture, puisque la route fait un immense détour sur les collines. Le village de Platanias s’avère extrêmement calme (sauf le tintamarre des assiettes dans les restaurants, bien entendu). Et de platanes, nous n’en croisons guère. Pour notre dernier jour, nous visons la presqu’île de Tríkeri, point final du Pélion. En ce lundi de Pâques, le marathon gastronomique bat toujours son plein et la convivialité inonde les tavernes. Visez l’une ou l’autre extrémité du village, mais n’espérez pas le traverser en voiture, il est trop étroit.

Nous terminons notre visite par Tríkeri, perché au sommet de sa presqu’île. Il nous plaît bien, avec ses jolies placettes, ses terrasses ombragées et ses ruelles fleuries. Et puis, nous avons de la chance, c’est la fête au village ! C’est ainsi que notre séjour dans le Pélion touche à sa fin. En plus de nous avoir offert une concentration de paysages mémorables, le Pélion nous a fascinés par sa personnalité. La péninsule semble avoir mis de côté le monde moderne pour perpétuer ses traditions à l’ombre des vieux arbres. Si vous envisagez un séjour découverte et exploration d’une petite semaine comme nous, ou plus, nous vous conseillons de le séparer en deux pour économiser quelques heures de route. La plupart des villages abritent quelques hôtels et restaurants, alors il n’y a pas de mauvais choix. Visez simplement des villages plus épais si vous aimez l’animation ou plus menus si vous préférez la tranquillité.

Agios Ioannis au nord-est, de taille moyenne : Nous nous sommes installés chez Mariai, dans une petite chambre proche de l’eau. L’adresse est vieillotte et mériterait une bonne rénovation. Pour compenser, l’accueil est bienveillant, avec plein de petits cadeaux (la fameuse philoxenia !). Juste à côté et plus confortable, nous pouvons conseiller Akro Roomsi. Chorto au sud-ouest, plus petit : Notre hôtel Athina Studiosi nous a beaucoup plu. Chaque chambre dispose d’une cuisinette et d’un balcon ou d’une terrasse où prendre les repas. Nous avions hésité à passer la première partie de notre séjour à Volos, la grande ville à l’entrée de la péninsule, car les logements y sont moins chers. Mais après une courte visite, nous déconseillons cette option. Les restaurants ne manquent pas dans le Pélion, cependant beaucoup proposent plus ou moins la même chose, ce qui peut devenir lassant.

à Agios Ioannis, Galeos est une taverne familiale, conviviale et sans chichi, comme beaucoup d’autres. à Damouchari, Victoria’s propose des snacks sucrés ou salés avec vue sur la crique de rêve de Mamma Mia. Les transports en commun sont le point faible du Pélion, à une exception près : le petit train à vapeur de Volos à Milies. Nous avons loué une voiture à Athènes, que nous avons rendue à Thessalonique afin de visiter le Pélion et le Mont Olympe en chemin. Beaucoup d’établissements ferment l’hiver, pour rouvrir quelques jours avant la Pâques orthodoxe. Excepté quelques périodes maussades, le climat est généralement bon de mai à octobre. Pour la baignade, patientez peut-être jusqu’à juin, car début mai nous nous pelions (haha !). La péninsule semble se prolonger au sud-est avec l’archipel des Sporades. Nous avons hésité à passer voir Skopelos, réputée pour sa beauté, mais nous ne voulions pas courir partout.

Tableau synthèse

LieuAttractionNotes
Agios IoannisCentre animé du nord-PélionPhiloxenia amis et repas végétariens
DamouchariCrique et accessibilitéDescente vers le sable, eau fraîche
MiliesTrain à vapeur et pommiersBalade plate, nature
VizitsaMaisons traditionnellesArchitecture remarquable
PinakatesVillage typique, restaurant PileasAccueil chaleureux
AfissosBeaux paysagesRoutard le décrit parmi les plus beaux
MilinaVie sociale grecqueTavernes et cafés
TríkeriPresqu’île pittoresqueFête au village, accessibilité limitée en voiture

La péninsule semble se prolonger au sud-est avec l’archipel des Sporades. Nous avons hésité à passer voir Skopelos, réputée pour sa beauté, mais nous ne voulions pas courir partout. Pour la baignade, patientez peut-être jusqu’à juin, car début mai nous nous pelions (haha !). Beaucoup d’établissements ferment l’hiver, pour rouvrir quelques jours avant la Pâques orthodoxe. Les villages offrent une hôtesse de qualité et une ambiance authentique, sans la foule typique des destinations plus connues.

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