Lorsqu’on pense voyage en Inde, on pense tout de suite, risque de “tourista” et autres déboires intestinaux. Mais, l’Inde est aussi un pays dans lequel certaines maladies pratiquement disparues en France sont encore présentes, c’est pourquoi l’Institut Pasteur à Paris recommande en priorité de mettre à jour les vaccinations incluses dans le calendrier vaccinal.
Vaccinations essentielles avant le départ
1. Hépatite A et Typhoïde sont deux maladies qui peuvent être contractées via l’alimentation et l’eau dans toutes les zones où le niveau d’hygiène est faible. Le risque est élevé en Inde même dans les grandes villes. L’Institut Pasteur recommande donc d’effectuer les vaccins protégeant contre l’Hépatite A (pour tous à partir de un an) et la Typhoïde (pour tous à partir de deux ans). La procédure pour chacun comprend une injection quinze jours avant le départ. Un rappel doit être effectué pour l’Hépatite A entre un à trois ans plus tard.
2. En cas de séjour long ou répété ou pour une expatriation, il faut envisager une vaccination contre l’Hépatite B. Le risque de contracter cette maladie est élevé en Inde, car de nombreux Indiens sont porteurs du virus. L’infection se transmet par le contact avec le sang et d’autres fluides corporels. Les expositions potentielles sont : rapports sexuels, usage de drogue, être accidenté ou recevoir des soins médicaux.
3. De même, en cas d’expatriation ou de séjour en zone rurale, l’Institut Pasteur recommande la vaccination contre l’Encéphalite japonaise. Elle est transmise par la piqûre de moustiques. Par contre, il n’existe pas encore de vaccins pour les deux maladies transmises par les moustiques présentes en Inde : le Paludisme et le Chikungunya. Sanofi Pasteur produit un vaccin contre la Dengue, mais l’Organisation Mondiale de la Santé recommande de ne l’utiliser que chez les personnes ayant déjà eu une première infection. Pour lutter contre le Paludisme, il existe des traitements préventifs qui doivent être pris par les personnes se rendant dans les zones rurales des Etats les plus à risque. Il n’y a pas de risques de fièvre jaune en Inde. Mais, attention, un certificat de vaccination antiamarile est exigé à l’entrée du pays pour les voyageurs âgés de plus de neuf mois en provenance d’un pays où il y a un risque de transmission de la fièvre jaune et pour ceux qui ont transité par un aéroport d’un pays où il y a un risque de transmission de la fièvre jaune.
Risque de rage et conseils pratiques
4. La rage est encore très présente en Inde du fait du grand nombre d’animaux errants même dans les mégalopoles. En cas de morsure ou de griffure, il est important de nettoyer immédiatement la plaie avec du savon et de l’eau courante pendant 15 minutes, puis d’appliquer un désinfectant et de consulter tout de suite un médecin.
Un séjour à l’étranger implique pour tout voyageur de prendre certaines précautions en matière de santé. La rubrique ci-dessous mentionne les indications essentielles. Afin de faire face aux frais d’hospitalisation et aux dépenses de santé, parfois très élevés à l’étranger, il est impératif de disposer d’un contrat d’assistance ou d’une assurance permettant de couvrir tous les frais médicaux (dont la chirurgie et l’hospitalisation) et de rapatriement sanitaire, au risque de ne pas avoir accès aux soins, y compris en cas d’urgence vitale. Les grandes villes du pays disposent d’hôpitaux et de cliniques privés de bonne, voire très bonne qualité. Consulter si besoin son médecin traitant ou un centre de vaccinations internationales (médecine des voyages) pour faire une évaluation de son état de santé et bénéficier de recommandations sanitaires, notamment sur les vaccinations. Constituer sa pharmacie personnelle en conséquence et n’emporter dans ses bagages que les médicaments strictement nécessaires ; ne jamais consommer de médicaments achetés dans la rue (risque de contrefaçons). Les médicaments doivent être dans leur emballage d’origine avec les étiquettes originales, accompagnés d’une ordonnance portant le nom des médicaments en dénomination commune internationale (DCI).
Vaccins et maladies à connaître
Les vaccins recommandés en France sont également indispensables lors d’un séjour à l’étranger : les maladies qu’ils préviennent circulent partout dans le monde, parfois même plus fréquemment qu’en France. Avant tout départ, le voyageur (adulte et enfant) doit donc d’abord s’assurer d’être à jour du calendrier vaccinal français, en particulier des vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche mais aussi contre la rougeole. Diphtérie-tétanos-poliomyélite (DTP) : elle reste obligatoire par un vaccin oral (VPO) pour les résidents venant de pays d’endémie ou d’épidémie de poliomyélite. La chikungunya est une maladie virale transmise par l’intermédiaire de moustiques infectés. Cette maladie se manifeste par l’apparition de symptômes grippaux (fièvre, douleurs musculaires et articulaires). En cas de signes cliniques, il est impératif de consulter immédiatement un médecin ; le traitement est uniquement symptomatique. Les moyens de prévention reposent sur la vaccination et la protection contre les piqûres de moustiques. La dengue est une maladie virale transmise par piqûres de moustiques. Les symptômes sont de type grippal (fièvre, maux de tête, courbatures, parfois éruption cutanée). En cas de signes cliniques, il est impératif de consulter immédiatement un médecin. Il n’existe pas de traitement curatif. La prise en charge médicale repose uniquement sur le traitement des symptômes. Il faut impérativement éviter la prise d’anti-inflammatoire. La prévention individuelle repose essentiellement sur les moyens de protection contre les piqûres de moustiques. Le paludisme (ou malaria) est une maladie parasitaire transmise par piqûres de moustiques infectés. Les formes bénignes associent des symptômes de type grippal : fièvre, frissons, fatigue, maux de tête, courbatures, vomissements. La prévention du paludisme repose sur la protection contre les piqûres de moustiques et la prise d’un traitement préventif. Le risque est en baisse régulière dans les grandes villes sauf Delhi. Il s’agit d’une maladie due à un virus transmis principalement par piqûre de moustiques et dans certains cas par voie sexuelle. Les symptômes sont généralement absents ou modérés (fièvre, maux de tête, douleurs articulaires, éruptions cutanées). Il est conseillé aux femmes enceintes ou ayant un projet de grossesse de consulter au préalable un médecin avant tout déplacement dans une zone infectée. L’encéphalite japonaise est une infection virale grave principalement transmise à l’humain par la piqûre de moustiques infectés, qui se reproduisent dans les zones rurales, notamment les rizières. Les symptômes de l’encéphalite japonaise apparaissent après une période d’incubation de 4 à 15 jours. La plupart des infections restent bénignes, se manifestant par une simple fièvre ou des céphalées. Dans environ 1 cas sur 250, les personnes touchées peuvent présenter une forte fièvre, une raideur de la nuque, une désorientation, un coma, des convulsions et une paralysie. La mortalité peut atteindre 30%. Il n’existe pas de traitement curatif. Le choléra est une infection digestive bactérienne qui se transmet par ingestion d’aliments mal cuits (fruits de mer, par exemple) ou souillés (fruits et légumes) et/ ou ingestion d’eau contaminée. La prévention repose sur la vaccination et le respect des règles d’hygiène alimentaire (se laver régulièrement les mains, ne consommer que de l’eau en bouteille, peler les fruits et légumes, manger de la nourriture cuite ; utilisation des installations sanitaires). La fièvre typhoïde est une maladie infectieuse cause par des bactéries présentes dans l’eau ayant subi une contamination fécale d’origine humaine, en général dans des zones où l’hygiène est précaire. L’infection résulte le plus souvent, de l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés ou d’une transmission directe de personne-à-personne. Les symptômes surviennent en moyenne 3 semaines après la contamination et associent : une fièvre continue, des maux de tête, une perte d’appétit, des douleurs abdominales avec diarrhée ou constipation, une grande fatigue et parfois une éruption cutanée. La Leptospirose est une maladie bactérienne présente dans le monde entier. La maladie du virus Nipah est une maladie animale due à un virus, transmis à l’humain par contact direct avec des chauves-souris ou d’autres animaux contaminés, par la consommation de fruits infectés ou aussi par l’intermédiaire d’une personne malade. L’infection est souvent mortelle et peut avoir une présentation variable allant de l’absence de symptômes à l’infection respiratoire et l’encéphalite. Les symptômes courants sont la fièvre, les maux de tête et les courbatures, les vomissements et le vertige. Il n’existe ni traitement, ni vaccin, que ce soit pour l’homme ou l’animal. Il est donc conseillé d’éviter toute exposition aux chauves-souris et aux animaux concernés, et d’éviter de consommer des fruits ou leurs produits dérivés (par exemple, le jus brut de palmier-dattier) contaminés par de l’urine ou de la salive de chauves-souris infectées. Il s’agit d’une infection très grave voire mortelle due à une famille de bactérie appelé méningocoques, qui atteint les enveloppes du système nerveux. La transmission entre individus se fait par l’intermédiaire de gouttelettes et sécrétions respiratoires, lors d’un contact prolongé. Des épidémies régulières sont observées en Afrique sub-saharienne notamment pendant la saison sèche (de novembre à juin). Les symptômes associent fièvre, maux de tête et du cou intenses, vomissements, léthargie, voire troubles de la conscience et coma. L’apparition de taches rouges sur la peau (purpura) d’extension rapide constitue un signe de gravité imposant une prise en charge médicale immédiate. La prévention repose sur la vaccination contre le méningocoque (sérotypes A, C, Y, W135).
La poliomyélite est une maladie très contagieuse due à un virus, transmis principalement par l’intermédiaire d’eau souillée et d’aliments contaminés par les selles. Après une incubation de quelques jours, l’infection est souvent bénigne voire asymptomatique mais dans de rares cas, elle peut entraîner une paralysie aiguë parfois irréversible, notamment des membres inférieurs. La paralysie des muscles respiratoires peut être mortelle. Il n’existe pas de traitement curatif et seulement des soins symptomatiques.
La rage est une maladie virale mortelle affectant le système nerveux et présent dans la salive des animaux infectés, tels que chiens, chats, chauves-souris et autres mammifères sauvages. Le virus se transmet par morsure, griffure ou contact de la salive avec une peau lésée ou une muqueuse. L’évolution est rapide avec l’apparition de fièvre, maux de tête, anxiété puis de troubles neurologiques (coma). La rage est presque toujours mortelle une fois les symptômes déclarés. Il est recommandé d’éviter tout contact avec des animaux suspects domestiques ou sauvages. La vaccination préventive contre la rage avant un séjour en zone exposée peut être indiquée en fonction du type de voyage et en particulier chez les jeunes enfants dès qu’ils marchent.
Équipements et prudences en montagne et en ville
La randonnée dans les États himalayens (Ladakh, Cachemire, Sikkim, Himachal Pradesh) nécessite un équipement, une préparation physique et l’observance de règles strictes (dont nous vous avons parlé dans nos recommandations). Il faut savoir qu'un trek, pour être réussi, doit être une randonnée en montagne et non une épreuve sportive dont on revient épuisé. La nature, les paysages, les villages et leurs habitants sont aussi intéressants à 3 000 qu'à 4 500 mètres. Pour avoir une échelle de ce qu'est l'altitude en Himalaya, il faut se souvenir que les camps de base des expéditions qui tentent l’ascension du « toit du monde », sont installés vers 5 500 mètres, c'est à dire bien plus haut que les plus hauts sommets européens. Pour échapper au mal des montagnes, il faut garder en permanence à l'esprit les règles montagnardes : s'acclimater, monter lentement (paliers de moins de 300 mètres par jour entre 3 000 et 4 500 mètres, et de moins de 150 mètres au-delà), « monter haut, dormir bas ». Ces règles doivent permettre de remédier à l'apparition d'un mal aigu des montagnes et, surtout, d'éviter ses redoutables complications que sont l'œdème pulmonaire et l'œdème cérébral de haute-montagne.
Les grandes villes du pays disposent d’hôpitaux et de cliniques privés de bonne, voire très bonne qualité. Consulter si besoin son médecin traitant ou un centre de vaccinations internationales (médecine des voyages) pour faire une évaluation de son état de santé et bénéficier de recommandations sanitaires, notamment sur les vaccinations. Constituer sa pharmacie personnelle en conséquence et n’emporter dans ses bagages que les médicaments strictement nécessaires ; ne jamais consommer de médicaments achetés dans la rue (risque de contrefaçons). Les médicaments doivent être dans leur emballage d’origine avec les étiquettes originales, accompagnés d’une ordonnance portant le nom des médicaments en dénomination commune internationale (DCI).
Comme pour tout voyage, il est important d'être immunisé contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, les hépatites A et B, la coqueluche (dont la réapparition chez les adultes, même en France, justifie la vaccination pour tout voyage), la rougeole pour les enfants. La majorité des voyages hors mousson (grandes villes, Rajasthan, Tamil Nadu, Kerala, Karnataka, Madya Pradesh, Uttar Pradesh et États himalayens) ne réclame aucun traitement préventif. Ce qui ne dispense pas d’une protection rigoureuse contre les piqûres de moustiques (répulsifs peau et vêtements, moustiquaires en l’absence d’air conditionné), vecteurs d’autres maladies (dengue, chikungunya, voire encéphalite japonaise ou virus Zika) pouvant être présentes. Par contre, le risque de paludisme est réel au-dessous de 1500 m dans les Etats de l’Inde « profonde » (zones rurales de l'Orissa, du Bengale Occidental ou de l'Andra Pradesh. Depuis quelques années, la résistance de nombreuses souches microbiennes aux antibiotiques - dans de nombreux pays, mais particulièrement en Inde - et la multiplication des bactéries multi-résistantes (BMR) pose problème quant à l'efficacité des traitements de nombreuses pathologies bactériennes broncho-pulmonaires, digestives, urinaires, etc.
En cas de consultation, au retour de voyage, il est capital de préciser quelle était la destination de celui-ci. De courtes épidémies locales de maladies virales, touchant plus les populations locales que les voyageurs, peuvent survenir dans les Etats du sud (Karnataka, Kerala, Tamil Nadu) ; fièvre à virus Nipah, transmise par les déjections de chauves-souris frugivores, ou fièvre hémorragique de la forêt de Kyasanur, transmise par morsure de tique. Les pollutions de la terre, de la mer et surtout de l'air, sont devenues le problème écologique majeur de l'Inde. Les pics de pollution atmosphérique, pas seulement dans les grandes villes, peuvent générer des problèmes respiratoires pour les voyageurs fragiles, qui devront donc être prudents, voire utiliser des masques protecteurs. En suivant le plus possible les conseils qui vous ont été donnés pour vous préserver des risques alimentaires, environnementaux et comportementaux dans nos recommandations générales, vous diminuerez la probabilité d'y être confrontés.
Impact sanitaire et conseils finaux
Les infections d'origine alimentaire sont très fréquentes en Inde et rares sont les voyageurs qui y échappent. À Delhi et à Bombay, les infrastructures médicales sont satisfaisantes, tant pour ce qui relève d'une consultation en ville que pour une éventuelle hospitalisation. La randonnée dans les États himalayens (Ladakh, Cachemire, Sikkim, Himachal Pradesh) nécessite un équipement, une préparation physique et l'observance de règles strictes (dont nous vous avons parlé dans nos recommandations).
