Parc d'attractions Avalonys à Guipry-Messac : dossier d’un projet controversé et son éventuel rebond en Bretagne

Le projet de parc d'attractions Avalonys, dédié aux légendes arthuriennes, connaît une trajectoire mouvementée en Ille-et-Vilaine et au-delà, avec un pivot potentiel vers le Rocher Portail à Maen Roch et une réévaluation des sites après une forte opposition agricole et locale.

Origine du projet et ambition

Avec Avalonys, l'idée est de proposer une "immersion dans la féerie des légendes bretonnes, par des décors, des attractions, des spectacles", expliquait à l'époque le PDG d'Enez Aval, société à l'origine du projet, et tout ceci accompagné des technologies de réalité virtuelle. Selon ses créateurs, le projet pourrait créer 200 emplois et accueillir 500.000 visiteurs par an. Le parc devait s'installer initialement sur 82 hectares de terres agricoles à Guipry-Messac, dans le sud de l'Ille-et-Vilaine.

Opposition des agriculteurs et mobilisation locale

Le site appartenait encore à Butagaz, qui le mettait à disposition de neuf exploitants agricoles. La colère des agriculteurs, soutenue par l’ensemble des syndicats, s’est rapidement cristallisée autour du lieu d’implantation. Fin mars 2018, tous les syndicats agricoles manifestaient au lieu‑dit Cormeré pour exiger la préservation des terres agricoles et l’abandon du projet. « Il y a 80 hectares qui partiraient pour un projet absurde, il n'y a eu aucune concertation avec les agriculteurs concernés », déclarait Guillaume Aveline, président du syndicat Agrobio 35.

La fronde ne se limitait pas à des agriculteurs isolés : « Fait rare, l'ensemble des syndicats se mobilise contre le projet Avalonys », rapportait la presse locale. Une association baptisée La Puce s’est également constituée pour faire pression et étudier les alternatives. Malgré l’apparition d’un contexte économiquement prometteur, les opposants craignaient les effets sur l’agriculture locale et l’urbanisation des terres agricoles.

Changement de site et adaptation du projet

Face à la contestation et à l’absence de consensus, la veille d’un vote crucial le 4 avril 2018, la société Enez Aval renonce au site de Cormeré et annonce son repositionnement vers « un autre site, un autre territoire, en Bretagne ». Le Rocher Portail, à Maen Roch près de Fougères, est évoqué comme piste potentielle mais « en raison de la forte opposition des agriculteurs, ce site est abandonné » et « un autre lieu est à l’étude ». Le propriétaire du Rocher Portail, Manuel Roussel, explique que les terres pourraient être libres à la retraite de l’exploitant en 2020 et que les terres seraient alors disponibles.

Depuis 2015, Enez Aval travaille sur le concept d’un « parc à thème connecté autour des légendes bretonnes et arthuriennes » à Guipry-Messac. En parallèle, la communauté de communes Vallons de Haute Bretagne Communauté s’était engagée à soutenir le projet, allant jusqu’à investir 40 000 € dans une étude et à solliciter la SAFER pour envisager un transfert de terres. Toutefois, face à la mobilisation et à l’opposition, les 27 associés fondateurs ont décidé, « à l’unanimité », de porter le projet sur un site alternatif en Bretagne, tout en affirmant que « l’ADN du projet reste le même » et que « l’ouverture pourrait intervenir dans les temps » sur ce nouveau site.

Éléments techniques et répercussions économiques

Le coût du projet est estimé à 100 millions d’euros et les créateurs eventaient une implantation autour des légendes arthuriennes avec des technologies modernes. L’objectif initial était d’anticiper une ouverture en 2022 et de proposer un parc doté d’éléments spectaculaires et d’innovation, tout en s’appuyant sur des casques de réalité virtuelle pour l’immersion des visiteurs et la mise en scène des dragons et autres figures mythiques.

Les acteurs locaux demeurent persuadés du potentiel économique et touristique, tout en admettant qu’un déménagement de site peut nécessiter de repenser l’emprise foncière, la faisabilité et les financements. « Le parc verra bien le jour », affirme le porteur de projet malgré les remous induits par la controverse et les négociations avec les partenaires financiers et les collectivités.

Situation du contexte et enseignements locaux

Au cœur de Guipry-Messac et des Vallons de Haute Bretagne, le dossier Avalonys illustre les tensions entre développement économique et protection du foncier rural. Les terrains envisagés pour le parc étaient classés agricoles et appartenaient à Butagaz, ce qui compliquait les arbitrages fonciers et le processus de transfert. Le débat a mis en lumière les enjeux de transparence et les interrogations sur l’usage des terres agricoles et l’impact sur les communautés locales.

Depuis 2015, les discussions ont impliqué des investisseurs régionaux, des associations et des élus locaux qui ont tenté de concilier ambition économique et préservation du cadre rural. Le projet Avalonys, s’il survit sous une forme ou une autre, demeure porteur d’un modèle de parc à thème articulant mythes, technologies et durabilité, avec une localisation encore à confirmer et des études de faisabilité à finaliser.

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