Europa-Park propose au public de vivre une expérience unique avec sa nouvelle attraction Arthur au Royaume des Minimoys. En collaboration avec le réalisateur Luc Besson, Europa-Park réalise l’attraction indoor la plus élaborée depuis sa création. Sur un parcours de 550 mètres dans l’univers souterrain de ces petites créatures, les visiteurs partent à l’aventure en survolant le Royaume des 7 terres. Un merveilleux voyage destiné aux enfants dès 4 ans mais aussi aux adultes.
L’attraction phare « Arthur » est une nouveauté mondiale conçue et réalisée par l’entreprise familiale Mack Rides. Horaires d'ouverture : Ouvert de 9h à 18h (horaire prolongé en haute saison). Tarif réduit : Enfant de 4 à 11 ans : 36 €. Une aventure extraordinaire vous attend !
Déroulé du parcours et univers immersif
Après le départ de l’attraction, la première scène est une projection sur grand écran. La scène se situe dans le jardin de la grand-mère d’Arthur et permet au visiteur de se projeter à la taille d’un Minimoys. A la fin de cette séquence, le train pivote et s’engouffre dans un décor réel et surdimensionné où le public découvre nos héros occupés à cueillir des fruits pour préparer un grand festin. Papillons, feuilles, brins d’herbes géants, coccinelle, une myriade de vers luisants… l’harmonie et la joie règnent dans ce jardin, mais le danger est omniprésent !
Un Pit-bull Koolomassai menace de happer le visiteur qui, en l’évitant, se fait avaler par une chenille taxi géante dont il traverse les entrailles. Expulsé du tube digestif, le train effectue un virage en descente à l’extérieur du bâtiment avant de s’engouffrer dans une grille d’aération menant à de sombres canalisations d’où surgissent une araignée géante et Darkos, le fils du méchant Maltazard. L’angoisse gagne les passagers et le train accélère pour arriver à « Paradise Alley », une des scènes mythiques du deuxième film de la trilogie dont un extrait permet une transition avec les décors réels.
L’univers est coloré et bruyant, le personnage de Max chevauchant sa coccivolante géante vient leurs indiquer le chemin à suivre pour retrouver le trésor et délivrer les prisonniers. Chassé par deux Unicorns, le train s’engouffre dans un tunnel obscur où le bruit et le souffle d’énormes pales d’un ventilateur attirent toute l’attention. Mais la menace se trouve dans une énorme boîte de conserve dont surgit un rat ! une chute abrupte, les wagons reprennent de la vitesse et survolent le village des Minimoys et ses toboggans racines, l’impression de voler est saisissante… Puis les wagons s’engouffrent dans une faille qui mène à Necropolis, l’antre de Maltazard !
Face au public, le trésor, un mur de rubis mais aussi Arthur, Sélénia, Bétamèche et Archibald emprisonnés. Pour les sauver, les passagers peuvent envoyer des faisceaux lumineux sur le trésor en actionnant un bouton intégré à la barrière de sécurité du siège. Les murs tremblent, Necropolis s’effondre et Maltazard disparaît dans un grand nuage de fumée. Fuyant le tremblement de terre, le train accélère vers une sortie extérieure pour survoler une rivière tout en slalomant entre les arbres centenaires. Un retour à la réalité, une bouffée d’air frais avant de regagner le bâtiment en pénétrant dans une ruche située sous Necropolis. Juchés sur un amoncellement de rubis et libres, Arthur, Sélénia, et Archibald remercie leurs hôtes d’avoir sauver le Monde des Minimoys en retrouvant le trésor. Dans un dernier soupçon de malice, Bétamèche, chevauchant une abeille, les invite à quitter l’embarcation.
Conception, architecture et réception critique
La zone Arthur au Royaume des Minimoys se compose principalement d’un grand pavillon dans lequel on trouve pas mal de choses: de petites attractions pour enfants, une zone de jeux, des stands de restauration, et surtout Arthur, une attraction hybride moitié dark-ride moitié coaster. Les trains sont constitués de trois wagons rotatifs suspendus pour quatre personnes.
Vu de l’extérieur, le bâtiment est joliment intégré à la végétation malgré sa grande taille. Le dôme et les murs extérieurs du bâtiment sont recouverts d’un mur végétal. Il faudra encore un peu de temps avant que les plantes couvrent toute la surface, mais j’aime vraiment bien cette technique : désormais courante dans l’architecture contemporaine mais encore très rare dans les parcs. Cela donne beaucoup de fraicheur et une certaine modernité à l’ensemble. Par contre, ce qui serait bien, c’est que toutes les surfaces visibles du hall soient couvertes de végétation.
Entrons dans le hall, où se trouve l’entrée de la file d’Arthur. Comme dans Ratatouille - L’aventure Totalement Mal Nommée de Rémy, nous voilà rétrécis à la taille d’un rat minimoy. Ces lilliputiens construisent leur habitat avec ce qu’ils trouvent dans la nature: feuilles mortes géantes, boutons géants etc. Autant le dire tout de suite, je ne suis pas fan de la direction artistique des films dont s’inspire cette zone. La file d’attente est sommairement décorée mais ennuyeuse à souhait : une succession de pièces ‘parc à bœufs’ (cachées!) dont Europa Park raffole.
Les murs sont thématisés comme si nous étions dans une cabane de feuilles mortes et des écrans expliquent qui sont les personnages du film. Les quelques éléments de thématisation intérieure sont gratifiés de matériel technique laissés à vue des visiteurs, comme ce très bel arbre… à même lequel sont fixés de vilains spots d’éclairage. Il faut croire que designers et ingénieurs ne se sont pas adressé la parole durant la création de l’attraction.
La salle d’embarquement est la plus belle pièce de la file d’attente, et peut-être aussi de l’attraction. Cette scène est notre premier contact réel avec une scénographie poussée. Montons dans un wagon et c’est parti. Sans faire le détail scène par scène, le train nous emporte devant des décors et animatronics inspirés des films. Un passage purement roller coaster serpente à l’extérieur et à l’intérieur du grand hall d’entrée, pour moi le meilleur moment de l’attraction tant la vue est surprenante et la rotation des wagons parfaitement calibrée. L’audio embarqué est très bien géré également. Le ride system est d’une souplesse et d’un confort inouï, c’est prometteur pour l’avenir de ce type d’attraction.
Par contre, les effets de chaque scène s’activent au moment où le wagon du milieu passe devant. Arthur souffre également des problèmes habituels de scénographie d’Europa Park. La direction artistique propose quelques bonnes idées (des miroirs sous nos pieds dans une scène) mais l’exécution est globalement peu soignée et laisse plein de défauts et de matériel technique à vue du spectateur. Comme ce grand animatronique d’un rat qui sort d’une boite de conserve : mal géré, l’éclairage met aussi toute la structure mécanique dans la lumière et nous pouvons voir qu’il ne s’agit en fait que de la face avant d’un rat. Oups. On croise aussi des écrans de cinéma plantés en plein milieu des décors sans aucun souci d’intégration. En parlant d’écran, celui qui constitue la première scène de l’attraction est un beau gâchis également. Un grand écran de projection longe la voie sur des dizaines de mètres et une séquence filmée suit chaque wagon du train durant sa progression. La scène finale nous confronte avec le grand méchant de l’histoire, mais ils ont eu l’idée de le miniaturiser pour faire comme s’il était loin de nous. Moi qui m’attendais à un grand climax, j’ai trouvé ce choix plutôt décevant. C’est aussi la scène interactive où chaque passager doit appuyer sur un bouton placé sur la barre de sécurité. En outre, avec Arthur, Europa Park se lance dans la course aux franchises cinéma. Une première qui tranche avec le concept d’origine où chaque land représente un pays d’Europe, mais on sait aussi que la notion de cohérence est flexible à l’envi à Europa Park. La question que je me pose est la suivante: un parc à la fréquentation au top et en aussi bonne santé financière a-t-il vraiment besoin de franchises ?
Que deviendra cette zone Arthur et les Minimoys dans 5, 10, 20 ans ? Europa Park et Europa Corp, le propriétaire d’Arthur, ont-ils l’ambition de faire vivre cette licence dans la durée ? Après, il est vrai que de mauvais films peuvent faire d’excellentes attractions, et que la bonne qualité d’une attraction basée sur une mauvaise franchise peut suffire à la pérennité du manège. On peut toutefois se demander pourquoi Europa Park a choisi Arthur comme licence. Peut-être pour cibler clairement le marché français ?
En conclusion, je ne dirais pas qu’Arthur est une mauvaise attraction - loin de là. De toutes façons, la médiocrité habituelle des décors des dark-rides d’Europa Park ne semble pas avoir d’emprise sur leur popularité. Donc je ne vois pas pourquoi Arthur n’attirerait plus les visiteurs une fois passé l’effet de nouveauté. Mais afin d’éviter autant défauts sur d’aussi grands projets, Europa Park devrait peut-être songer à confier intégralement la direction artistique de ses attractions scénographiques à des bureaux de design dont c’est le cœur de métier. Si les décors sont foireux, le ride-system quant à lui et vraiment impeccable et vaut le détour. Alors ne boudons pas notre plaisir avec Arthur, car tant qu’aucun autre parc n’aura utilisé ce nouveau type de coaster scénographique avec de meilleurs décors, Europa Park détient malgré tout une attraction littéralement unique en son genre.
L’extérieur tout en végétal est très rafraîchissant dans un parc ; l’intérieur est plein de vie grâce au coaster qui en fait le tour dans les airs… des scènes de l’attraction pour être précis. Il est grand temps qu’un parc aussi important et rentable qu’Europa Park fasse enfin des efforts là dessus. Arthur et les Minimoys, franchement, ça craint. Et je ne crois pas que cela restera pertinent très longtemps. Zig-zags à volonté et pas grand chose pour s’occuper.
Comparaisons et contexte européen
Blue Fire (2009) : Le premier mega coaster de Mack Rides est impeccablement conçu avec sensations et inversions sans compromis sur le confort. La Forêt Enchantée (2011) : Disney n’est plus le seul parc à se faire copier par Europa Park avec un sens du détail perturbant, et désormais Efteling y passe aussi. Wodan Timburcoaster (2012) : un wooden coaster féroce signé Great Coasters International avec de belles idées décoratives et un passage flamboyant dans la gare. Plus généralement, Europa Park ne semble pas prêt de lâcher ses mauvaises habitudes : copier sans honte ce que font d’autres parcs et une direction artistique éternellement hasardeuse. Mais l’opérationnel, la gestion des flux de visiteurs et la nourriture sont épatants. Les buffets offrent une variété presque doublée comparé à Disneyland Paris à des tarifs bien moins élevés. Les petites attentions et cadeaux gratuits qui ont existé à Marne-la-Vallée existent toujours à Europa Park.
Conclusion personnelle et perspective
C’est tellement agréable de visiter un parc qui ne donne pas l’impression d’être en permanence à deux doigts de faire faillite. Peut-être que Disneyland Paris l’emporte sur le design, mais Europa Park l’emporte sur à peu près tout le reste ces temps-ci. Arthur et les Minimoys demeure une attraction unique en son genre, surtout pour son concept hybride et son rendu opérationnel de premier plan. Cependant, il reste des marges d’amélioration dans l’intégration thématique et la cohérence artistique des décors. Il est donc raisonnable d’espérer que les prochaines évolutions artistiques fassent progresser ces aspects tout en conservant la solidité du système de transport et des sensations.
