Futuroscope et corriges architecturaux: l’œuvre de Denis Laming et son parc visionnaire

Lors d’une première visite au Futuroscope, une des choses qui marque les visiteurs c’est l’architecture des bâtiments qui abritent les différentes attractions. C’est à l’architecte français Denis Laming que l’on doit une grande partie des designs des édifices du parc. Il y a officié jusqu’en 2010. Vous souhaitez découvrir l’histoire, riche en rebondissements, du Futuroscope ?

Ce bâtiment est composé d’un prisme de verre triangulaire, calculé selon les proportions du nombre d’or, surmonté d’une sphère assemblée en quartiers d’orange. Il existe plusieurs versions de l’explication de la symbolique de cet édifice. La plus ancienne remonte à une interview de Denis Laming dans le journal télévisé de FR3 Poitou-Charentes le 06 juin 1987. Il explique que « le prisme représente les 3 dimensions de l’espace, dominé par la sphère qui représente la 4e dimension qui est celle du temps ». En revanche, l’explication la plus connue est la représentation d’un lever de soleil sur un monde en mutation. Le saviez-vous ? Ce pavillon est en fait un gigantesque trompe-l’œil. En effet, si vous le regardez de profil, la diagonale du triangle semble rectiligne. En réalité ce n’est pas le cas. Cette dernière est légèrement bombée. Cette convexité permet de corriger les déformations optiques dues aux effets de perspective.

Le saviez-vous ? Présent depuis l’inauguration du complexe, le Kinémax est un bâtiment qui prend la forme d’un cristal de quartz géant jaillissant des entrailles de la Terre. Dans une interview à FR3 Poitou-Charentes le 06 juin 1987, Denis Laming donne une toute autre interprétation de la symbolique de ce pavillon. Le Kinémax présente « un parallèle entre l’image réelle qui est sur la pellicule et l’image virtuelle qui est sur l’écran. C’est pour ça que nous avons choisi des miroirs avec une façade très découpée qui fait un parallèle entre cette image réelle et cette image virtuelle.

Le saviez-vous ? La construction de l’Omnimax s’est effectuée en 2 temps. L’année suivante un cube de verre, incliné à 25°, est bâti autour de la sphère donnant au pavillon son aspect actuel. Les abords de l’attraction ont aussi été retravaillés : des talus rehaussés, qui ceinturent le bâtiment, accentuent l’effet d’un édifice tombé du ciel et qui se serait doucement enfoncé dans la terre. Construit au bord du Lac aux images, ce pavillon a accueilli un cinéma dynamique de 1988 à 2012. Lors d’une visite dans le parc, il est toujours possible d’apprécier son design extérieur. Sa façade blanche, inclinée à 45°, est traversée par une bande de vitrages noirs qui représente une pellicule cinématographique courbée pour suggérer le dynamisme.

Ouvert en 1992, ce bâtiment prend la forme d’un bouquet de 217 tubes de fibres optiques assemblées pour former un orgue. Le Pavillon de l’Imaginaire est reconnaissable par sa goutte d’eau, le symbole même de la communication. Tombée de nulle part, frappant la surface de l’eau, la goutte crée des ondes qui se propagent à l’infini dans des directions aléatoires. Contrairement aux idées reçues, le nom de ce pavillon ne fait pas référence au nom du département où a été implanté le Futuroscope. L’eau, élément symbole des rivières, est donc utilisée ici comme un élément architectural à part entière.

Le Pavillon Images Studio a été inauguré en 1995 à l’occasion du centenaire du cinéma. Une attraction du type dark ride, qui proposait une visite guidée dans les coulisses du septième art orchestrée par Pierre Tchernia, y était installée à son lancement. L’édifice représente un gigantesque jeu de cubes empilés en un invraisemblable porte-à-faux. Une immense fissure ouvre en deux parties égales le faux cube, en dessinant un double escalier. La blancheur des façades est obtenue grâce à un matériau original, un verre spécial dit verre extra-blanc, dont la composition chimique est modifiée pour lui retirer tout reflet verdâtre ou grisâtre. D’une surface totale de 3 900 m², le bâtiment ne laisse deviner qu’un tiers de son contenu.

Inauguré en 1996, le Pavillon Imax 3D est reconnaissable à sa façade qui évoque un écran. L’immense concavité circulaire déforme la surface plane de la façade. Concavité et convexité s’opposent, s’attirent et se repoussent comme deux pôles contraires. Un hypercube de 35 mètres de hauteur, représentation géométrique d’une quatrième dimension physique. Un cylindre de 32 mètres de diamètre, opaque, qui évoque le spectacle, le cirque, le cinema et la mise en scène de l’imaginaire.

Denis Laming voulait que l’architecture des ces différents pavillons provoque chez le visiteur un effet de surprise afin que s’établisse un contact, une réation esthétique et émotive. Ce parti pris fait du Futuroscope un parc qui se démarque de ses concurrents européens. Visuellement beau, les lignes et les courbes de ses pavillons font qu’il est aussi très photogénique. Au fil de la journée, ces édifices se révèlent sous des jours très différents. Merci à Jean-Luc de s’être plongé dans les archives photos du Futuroscope. L’occasion de découvrir des clichés parfois inédits du parc Poitevin.

architectures pavillons Futuroscope visualisation

Structures et symbolique des pavillons clés

Le pavillon du Prisme et la sphère surmontante symbolisent les dimensions spatiales et temporelles, selon les explications du concepteur. Le Kinémax avec ses miroirs et sa façade découpée illustre le lien entre réalité et image virtuelle. L’Omnimax, avec sa sphère entourée d’un cube, accentue l’effet spectaculaire et l’intégration du paysage aquatique. Le Pavillon de l’Imaginaire, par sa goutte d’eau et ses ondes, manifeste l’idée de communication et de flux d’information.

Le Pavillon Images Studio, avec son empilement de cubes et sa grande fissure, met en scène un paradoxe architectural qui attire le regard et offre une lecture ludique des volumes. Le verre extra-blanc utilisé sur certaines façades sert à éliminer les reflets indésirables et à assurer une lisibilité des formes même en lumière vive. Chaque bâtiment agit comme une expérience visuelle destinée à créer une réaction émotionnelle chez le visiteur.

Impact et héritage

Denis Laming a voulu que l’architecture des ces différents pavillons provoque chez le visiteur un effet de surprise afin que s’établisse un contact, une réaction esthétique et émotive. Ce parti pris fait du Futuroscope un parc qui se démarque de ses concurrents européens. Visuellement beau, les lignes et les courbes de ses pavillons font qu’il est aussi très photogénique. Au fil de la journée, ces édifices se révèlent sous des jours très différents.

Pavillon Date d’inauguration
Prisme et sphère Inauguré Prisme triangulaire en verre avec sphère
Kinémax Inauguré Crystal de quartz et façade miroir
Omnimax Inauguré Cube autour d’une sphère, inclinaison 25°
Pavillon de l’Imaginaire 1992 Bouquet de 217 tubes de fibres optiques
Pavillon Images Studio 1995 Jeu de cubes et fissure ouvrant un double escalier

tags: #futuroscope #corriges #jeu #architecture