Le parc régional des Alpilles, ce sont d'abord des paysages qui ressemblent à des tableaux : des crêtes calcaires blanches qui surgissent au milieu de la Provence comme une colonne vertébrale de pierre, striées d'oliviers centenaires et de garrigues odorant le thym. Ce territoire protégé couvre près de 50 000 hectares entre Arles et Avignon, et il abrite une concentration de villages perchés, de sites archéologiques romains et de chemins de randonnée qui n'a guère d'équivalent dans la région. Vous trouverez dans ce guide tout ce qu'il faut savoir pour organiser votre visite : les itinéraires à pied et à vélo, les villages à ne pas manquer, le patrimoine historique, les bonnes adresses et les conseils pratiques pour chaque saison.
Qu'est-ce que le Parc naturel régional des Alpilles ?
Créé en 2007, le parc est l'un des plus jeunes parcs naturels régionaux de France. Il regroupe 16 communes, parmi lesquelles Saint-Rémy-de-Provence, Les Baux-de-Provence (Rue du Château, 13520 Les Baux-de-Provence, noté 4.6/5 sur Google pour 16 823 avis), Eygalières, Maussane-les-Alpilles ou encore Fontvieille, pour un total d'environ 51 000 hectares de territoire protégé. Le massif des Alpilles est un anticlinal calcaire, autrement dit un pli de terrain soulevé au cours des mouvements tectoniques, qui culmine aux Opies à 496 mètres d'altitude. Ce n'est pas les Alpes, mais l'horizontalité de la Camargue toute proche rend ces crêtes blanches saisissantes. La roche claire, les falaises abruptes, les pinèdes et les chênes kermès donnent au paysage une lumière particulière, très différente du Luberon voisin.
Le territoire a une double vocation : préserver les écosystèmes méditerranéens (notamment les populations de vautours percnoptères et de grand-duc d'Europe) et soutenir l'économie locale fondée sur l'huile d'olive AOC Vallée des Baux, les vins des Baux-de-Provence et l'agrotourisme. Environ 46 000 habitants résident dans les 16 communes, ce qui en fait un parc « vivant » très différent d'une réserve naturelle classique.
Les plus beaux villages des Alpilles
C'est sans doute ce que les visiteurs cherchent en premier : les villages. Et les Alpilles n'en manquent pas. En consultant notre article sur les 3 beaux villages à ne pas rater lors de votre séjour dans les Alpilles, vous trouverez des coups de cœur détaillés, voici une carte plus large.
Les Baux-de-Provence est le village le plus célèbre du massif, et sans doute l'un des plus visités de France avec plus d'un million et demi de visiteurs par an. Le village médiéval s'accroche à une crête de calcaire blanc à 245 mètres d'altitude, avec une vue à 360° sur les Alpilles et la plaine de la Crau. La Carrières de Lumières, ancienne carrière de bauxite reconvertie en musée immersif, est le clou du spectacle. Comptez une heure trente pour la visite.
Saint-Rémy-de-Provence est la « capitale » du parc. C'est là que se trouve la Maison du Parc, là que Van Gogh passa un an interné à l'asile Saint-Paul-de-Mausole (1889-1890) et là que naquit, en 1503, le célèbre astrologue et apothicaire Nostradamus. La place de la République, avec ses platanes centenaires et ses terrasses de café, illustre ce que la Provence sait faire de mieux.
Eygalières est plus confidentiel. Ce village perché de 2 000 habitants est réputé pour ses ruelles médiévales, sa chapelle des Pénitents et son marché dominical. L'ambiance y est plus authentique qu'aux Baux : moins de groupes organisés, plus de résidences secondaires de Parisiens discrets. Si vous cherchez le côté préservé du territoire, c'est ici.
Maussane-les-Alpilles mérite un arrêt pour ses producteurs d'huile d'olive : la coopérative oléicole de Maussane produit l'une des huiles d'olive les plus renommées de Provence, sous l'AOC Vallée des Baux. Le moulin est ouvert au public de novembre à mars pendant la saison de trituration.
Randonnées incontournables dans le massif des Alpilles
Le massif des Alpilles compte plus de 300 kilomètres de sentiers balisés. La plupart sont accessibles à partir d'octobre et jusqu'à fin juin ; en juillet-août, les sentiers du massif sont soumis à des restrictions voire des fermetures totales en cas d'alerte incendie (le risque feu est très élevé dans cette zone). Vérifiez toujours les conditions avant de partir.
La crête des Alpilles depuis le col de la Vayède est l'itinéraire emblématique du parc. Au départ du col (accessible depuis Saint-Rémy-de-Provence), ce parcours de crête offre des vues panoramiques sur les deux versants du massif : au nord, les vignes et les villages ; au sud, la plaine de la Crau jusqu'à l'étang de Berre. Comptez 12 km aller-retour pour environ 3h30 de marche, avec 350 mètres de dénivelé. Niveau intermédiaire.
Les Caisses de Jean-Jean forment l'un des sites géologiques les plus spectaculaires du parc. Ces pitons calcaires isolés dans la plaine, au nord d'Aureille, ressemblent à des dents de roche surgies de nulle part. L'itinéraire de découverte fait 8 km pour une demi-journée agréable, avec peu de dénivelé, parfait pour les familles avec enfants ayant l'habitude de marcher.
La croisée de Saint-Gabriel au départ de Tarascon propose une boucle de 10 km mêlant patrimoine et nature. Le chemin passe devant la chapelle Saint-Gabriel, un joyau de l'art roman provençal du XIIe siècle souvent négligé des circuits touristiques classiques, puis remonte dans les collines boisées avant de redescendre par les vergers.
Le Défens d'Eyguières est la randonnée idéale pour les amateurs de solitude. Ce plateau forestier peu fréquenté s'atteint par un chemin de 6 km aller-retour depuis le village d'Eyguières. La pinède de pins d'Alep laisse place à des pelouses calcaires où poussent des orchidées sauvages au printemps. Arrivée sur un belvédère avec vue sur la Crau et, par temps clair, jusqu'aux Saintes-Maries-de-la-Mer.
Les Tours du Castillon au Paradou constituent une belle promenade familiale de 5 km, avec une montée vers les ruines du château médiéval de Castillon. Le château, dynamité au XVIIe siècle, offre néanmoins un panorama saisissant sur les oliviers et les vignes en contrebas.
L'Arboretum de Badon et les boucles des Calans à Eygalières. L'Arboretum de Badon est l'un des sites les moins connus et les plus beaux du parc. Situé sur la commune d'Eygalières, cet espace planté de diverses espèces méditerranéennes, chênes pubescents, cèdres, pins parasols, a été aménagé au XIXe siècle par un propriétaire passionné de botanique. Entrée libre et gratuite.
Depuis l'arboretum, deux boucles de randonnée partent vers les Petits et Gros Calans, des amoncellements de rochers calcaires érodés par le vent et la pluie sur des millions d'années, formant des sculptures naturelles qui évoquent les calanques à une échelle plus intimiste. La boucle des Petits Calans fait 4 km (1h15) ; celle des Gros Calans 6,5 km (2h). Les deux sont faciles, bien balisées et adaptées aux enfants. La végétation de garrigue, romarin, ciste, herbes aromatiques, embaume les sentiers dès le printemps.
VTT et vélo dans les Alpilles
Le massif des Alpilles est un terrain de jeu privilégié pour les cyclistes. Le relief varié, sans jamais être excessif, convient aussi bien aux vététistes aguerris qu'aux randonneurs à vélo électrique. L'itinéraire Alpilles-Roquemartine est le plus populaire pour le VTT. Cette boucle de 32 km au départ de Saint-Rémy-de-Provence combine pistes forestières, chemins de garrigue et quelques passages techniques sur les crêtes calcaires. Le dénivelé cumulé avoisine les 650 mètres. Niveau intermédiaire à expérimenté.
Pour les cyclistes moins sportifs, la Via Alpina et les routes secondaires entre les villages proposent des circuits balisés accessibles à tous. La D78 entre Fontvieille et Maussane-les-Alpilles, quasi-plate et longeant des oliveraies à perte de vue, est idéale le matin tôt. Plusieurs loueurs de vélos et VAE sont installés à Saint-Rémy-de-Provence et aux Baux-de-Provence.
À noter : en juillet et août, les pistes forestières peuvent être fermées en cas de risque incendie élevé. Le site de la préfecture des Bouches-du-Rhône publie quotidiennement les zones concernées.
Le patrimoine culturel : des Antiques aux Baux
Les Alpilles ne sont pas seulement une réserve de nature, c'est aussi un territoire d'une densité historique remarquable, occupé sans interruption depuis l'Antiquité. Glanum, au sud de Saint-Rémy-de-Provence, est le site archéologique le plus important du parc. Cette ancienne cité gréco-romaine a été occupée du IIe siècle avant J.-C. jusqu'au IIIe siècle après J.-C. Les fouilles ont mis au jour des thermes, un forum, des temples et un sanctuaire hellénistique. L'entrée est payante (environ 8 €). À quelques mètres de l'entrée du site se trouvent les Antiques, un arc municipal et un mausolée d'époque augustéenne parfaitement conservés, visibles gratuitement depuis la route.
Le château des Baux domine le village médiéval du même nom depuis le XIe siècle. La citadelle, classée monument historique, est l'une des plus grandes forteresses médiévales de Provence avec ses 7 hectares de ruines. Des animations médiévales sont proposées en saison. Entrée : 12 € adulte.
L'asile Saint-Paul-de-Mausole à Saint-Rémy-de-Provence est indissociable de Van Gogh, qui y séjourna volontairement du 8 mai 1889 au 16 mai 1890. Durant cette année, il y peignit plus de 150 toiles, dont La Nuit étoilée. Sa chambre et l'atelier ont été reconstitués fidèlement. La visite, brève mais émouvante, dure environ 45 minutes.
Le Musée Urgonia d'Orgon mérite une mention particulière pour les amateurs de géologie. Ce musée unique en Europe est consacré aux fossiles du Crétacé inférieur (les « urgoniens ») extraits des calcaires du massif. Les collections retracent 130 millions d'années d'histoire géologique des Alpilles. Entrée : 5 €.
La chapelle Notre-Dame du Château (Saint-Étienne-du-Grès, 13103 Saint-Étienne-du-Grès, noté 4.8/5 sur Google pour 6 avis) à Saint-Étienne-du-Grès est accessible par un chemin pédestre de 2 km depuis le village. Cette chapelle romane du XIIe siècle, perchée sur un éperon rocheux, offre un panorama sur la plaine du Rhône. Ce rapace migrateur revient chaque printemps depuis l'Afrique subsaharienne pour nicher sur les parois calcaires du massif. Le parc mène depuis 2000 un programme de suivi et de protection de l'espèce, dont la population française ne dépasse pas 80 couples.
Au sol, les garrigues des Alpilles abritent une flore méditerranéenne caractéristique: romarin, thym, ciste de Montpellier, lavande sauvage et, plus rare, plusieurs espèces d'orchidées sauvages qui fleurissent d'avril à juin. Les amandiers en fleur en février-mars sont l'un des spectacles visuels les plus photographiés du massif, bien avant la lavande. Le grand-duc d'Europe est présent dans les falaises du massif : avec une envergure pouvant dépasser 1,80 mètre, c'est le plus grand rapace nocturne d'Europe. Les sorties nocturnes organisées par le parc permettent parfois de l'entendre chanter au crépuscule.
Où dormir dans les Alpilles
Le territoire propose une large gamme d'hébergements, du camping familial aux mas de luxe reconvertis en maisons d'hôtes. À Saint-Rémy-de-Provence, la concentration d'hôtels et de chambres d'hôtes est la plus forte du secteur. L'hôtel de l'Image, dans un ancien cinéma rénové avec piscine et jardin planté d'oliviers, est une bonne adresse milieu de gamme. Comptez 120-200 € la nuit en haute saison.
Du côté des campings, le Camping Pégomas à Eygalières et le Camping Les Romarins à Orgon proposent des emplacements ombragés sous les pins à partir de 20-30 € la nuit en été. La demande est forte en juillet-août : réservez plusieurs mois à l'avance.
Pour une immersion totale dans le patrimoine agricole local, les mas en location saisonnière autour de Fontvieille et de Maussane-les-Alpilles sont idéaux pour les séjours en famille ou entre amis. Produite uniquement dans les communes du massif à partir de variétés locales (salonenque, aglandau, grossane), elle a obtenu son AOC en 1997. Vous pouvez l'acheter directement au moulin de la coopérative de Maussane ou chez des producteurs indépendants comme le Moulin du Mas des Barres à Maussane.
Les vins des Baux-de-Provence (AOP) sont produits dans quelques domaines éparpillés au pied du massif. La voiture reste le moyen le plus pratique pour explorer le territoire.
Transports et orientation
En train, les gares les plus proches sont Avignon TGV et Arles. Depuis ces deux gares, des bus départementaux desservent Saint-Rémy-de-Provence, mais les fréquences sont limitées. En voiture, l'autoroute A7 permet d'atteindre le cœur du parc en moins de 30 minutes depuis Avignon ou Marseille. Le stationnement est payant aux Baux-de-Provence et à Saint-Rémy en haute saison. Prévoyez d'arriver tôt le matin.
À vélo ou VAE, plusieurs itinéraires cyclables relient les villages. C'est aussi la période où les sentiers sont dégagés et où la fréquentation touristique n'a pas encore atteint son pic. L'automne présente les mêmes avantages: lumière dorée, vendanges, moins de monde. L'été est à éviter si vous venez pour les randonnées: canicule et risques d'incendie, mais les marchés nocturnes offrent un charme particulier. L'hiver est calme et lumineux, idéal pour la contemplation des crêtes calcaires et la trituration de l'huile d'olive.
Carte et orientation dans le massif des Alpilles
La Maison du Parc à Saint-Rémy-de-Provence est le point de départ idéal: elle distribue gratuitement des cartes papier de randonnée et renseigne sur les fermetures de sentiers en cas d'alerte incendie. Ouverte du lundi au vendredi toute l'année, et les week-ends en haute saison. Pour la cartographie numérique, l'application Géoportail de l'IGN couvre l'ensemble du massif avec les couches de randonnée. La carte IGN au 1:25 000 reste indispensable pour les randonnées en crête.
FAQ
Le parc offre une grande variété d'activités : randonnée pédestre (plus de 300 km de sentiers), VTT, cyclotourisme, visite de sites historiques (Glanum, château des Baux, les Antiques, Van Gogh à l'asile Saint-Paul-de-Mausole etc.).
