Le catamaran Vitalia II n’est pas passé inaperçu, ce lundi 14 juillet 2025, à l’entrée du port de Vannes. Mis à l’eau en avril 2015, à Vannes (Morbihan), Vitalia II était de retour, ce week-end du 14 juillet 2025, en face du chantier Multiplast. Ce catamaran géant, est aujourd’hui propriété de l’industriel François Bich, le patron des briquets Bic et son nom est d’ailleurs la contraction des prénoms de ses quatre enfants. Il a été transformé, il y a tout juste dix ans, en un luxueux voilier de croisière. Ce voilier de croisière, qui nécessite un équipage de six hommes pour le faire manœuvrer, peut dépasser les 30 nœuds.
Si l’information concernant la réalisation chez Multiplast d’un maxi multicoque est connue depuis l’an dernier, aucun détail n’avait encore filtré à ce jour. Il y a 4 ans, le Gilles Ollier Design Team donnait naissance à trois catamarans sisterships de 110 pieds / 33,40 m (Club Med, Innovation Explorer, Team Adventure). C’était le début d’une passionnante aventure. Travailler sur ces bateaux de grandes tailles était un défi difficile d’autant que « The Race » était la première course autour du monde non stop sur ce type de machines. Les architectes ont intensivement travaillé en explorant des vitesses jamais atteintes par des multicoques océaniques (plus de 40 nœuds -74 k/h).
Lorsque Bruno Peyron a demandé à Multiplast de réfléchir à un bateau plus grand que ces trois sisterships, le Gilles Ollier Design Team s’est mobilisé avec le même enthousiasme, en tenant compte d’une donnée supplémentaire extrêmement importante pour la réussite du projet : l’expérience. Gilles Ollier : « Il y a 4 ans, nous étions dans un domaine totalement inconnu. Pourquoi un catamaran ? »
« d’abord, parce que c’est une demande du skipper. Mais aussi, parce que nos résultats en course et nos dernières études nous ont amené à proposer cette configuration, au regard du programme de navigation annoncé. l’option du catamaran a donc été conservée car à puissance égale, un catamaran est plus long. Il ne faut pas oublier que la longueur est un élément essentiel de vitesse moyenne. »
« D’une manière générale, nous avons créé un bateau plus grand, plus fin et plus haut sur l’eau que la génération « Club Med », pour éviter que le bateau soit freiné par les vagues. GO. La philosophie retenue est la même que pour les bateaux conçus pour la première édition de The Race : la fiabilité avant tout, puis la vitesse et la manoeuvrabilité. Côté fiabilité, nous avons poussé très loin les études de structure en collaborant en parallèle avec deux groupes d’ingénieurs : Hervé Devaux Structures (HDS) et l’Ecole Centrale de Nantes (ECN) ont utilisé des logiciels différents pour effectuer un double contrôle. La vitesse n’a pas été oubliée car en compétition, elle reste un paramètre évident. GO. La manoeuvrabilité est un point essentiel car s’il est aisé de dominer les efforts pendant la phase d’études, lorsque l’on navigue, la force humaine reste toujours la même, quelle que soit la taille du bateau. »
« Pour le Gilles Ollier Design Team, il s’agissait d’éviter de donner naissance à un monstre dont la puissance serait incontrôlable par un équipage de 10 à 15 personnes. Avec Club Med, grâce à un accastillage bien dimensionné, nous avons eu l’agréable surprise de découvrir un bateau plus facile à manoeuvrer que prévu. Compte tenu de notre expérience et de l’évolution de la technologie, B1 (son nom de code) devrait être aussi maniable. »
« Pour exemple, les voiles, bien que de taille largement supérieure sur B1, sont d’un poids très proche de celles de la génération « Club Med », grâce à l’utilisation de nouveaux matériaux désormais fiables, plus légers et hydrofuges. »
« Si la vitesse est un élément important pour un bateau de course, nous avons cependant beaucoup plus travaillé la vitesse moyenne que la vitesse maxi. Avec l’ancienne génération, nous avons fait des pointes à 43 noeuds. Ce nouveau catamaran a un potentiel de plus de 45 nœuds*. Mais nous n’encourageons pas à pousser le bateau à plus de 40 nœuds, car au-delà, la vitesse devient dangereuse. Néanmoins, la barre des 700 milles (1296 km) par jour devrait être dépassée avec ce catamaran. »
« Nous avons essayé de réaliser un bateau complet, en améliorant les performances dans le petit temps et le médium. En effet, les systèmes météo intermédiaires sont relativement nombreux et complexes sur un tour du monde. »
« Elle s’est effectuée sans problème majeur, car son bon déroulement repose sur l’expérience unique de Multiplast dans la réalisation de grandes pièces en composite carbone. Nous avons une organisation interne de type industriel parfaitement rodée, qui s’appuie sur le savoir faire et l’expertise de plus de 20 ans d’une équipe soudée, totalement mobilisée autour du projet. Ce qui permet à Multiplast d’être très réactif et de construire une unité de cette taille en à peine plus d’un an ; tout en effectuant un contrôle qualité permanent à la réception des matières premières, en cours de fabrication et pendant les tests d’efforts avant navigation. »
Gilles Ollier Design Team 2003. Quelques références Multiplast / Gilles Ollier Design team : Catamaran Jet Services V / Double détenteur du record de l’Atlantique pendant 11 ans (1989/2001) en 6 j 13 h 03 mn 32 s ; Catamaran Commodore Explorer / 1er vainqueur du Trophée Jules Verne (1993) en 79 j 6 h 15 mn ; Catamaran Club Med / 1er The Race 2001/ Plus rapide tour du monde à la voile en 62 j 06 h 56 mn 33 s. Premier voilier à passer la barre des 600 milles en 24h (625,7 & 655,2 milles). Catamaran Maiden 2 / Record du monde des 24 heures à la voile (2002) avec 694,78 milles. »
La Golden Globe Race et d’autres exploits historiques viennent nourrir la légende des multicoques. Le récit rappelle les origines de la course autour du monde, les premiers pas vers la modernité et les enjeux de performance, de fiabilité et de sécurité dans des conditions extrêmes. La suite des aventures autour des quatorze à quinze vagues mythiques et des dizaines d’équipements plus ou moins visibles dans les archives est racontée à travers les pages de l’histoire navale et des projets contemporains.
En parallèle, le texte évoque les épisodes emblématiques comme la Golden Globe Race et l’Ocean Globe Race (OGR), qui reviennent à leurs racines pour rappeler l’importance de l’esprit d’aventure, de l’endurance et du respect des océans, tout en présentant le Vendée Globe comme une diagonale moderne de cette tradition.
Ainsi, l’histoire des catamarans de grande taille mêle prouesse technique, retours d’expérience et vision stratégique des architectes et constructeurs, avec Multiplast et Gilles Ollier au cœur d’un réservoir d’innovations qui ont ouvert la voie à des projets toujours plus ambitieux.

Notes historiques et liens entre les grand anciens et les nouveaux défis
Le Vendée Globe est un tour du monde à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance, qui se dispute tous les quatre ans sur des IMOCA, des monocoques de 18 mètres de long. Les skippers partent des Sables-d’Olonne en Vendée, parcourent environ 45 000 kilomètres autour du globe en contournant les trois caps mythiques (Bonne Espérance, Leeuwin et enfin le cap Horn) pour revenir aux Sables d’Olonne. La course a acquis une renommée internationale, attirant des skippers du monde entier. Au-delà de la compétition, c’est avant tout une incroyable aventure humaine.
Les débuts de ces aventures autour du monde évoluent des bateaux de série de 32 à 36 pieds, sans électronique moderne, où seul le sextant et les cartes papier dictent la navigation, vers des machines de haute technologie et des budgets colossaux aujourd’hui. Le récit rappelle aussi les premières Whitbread, ancêtres des courses actuelles, puis l’ère des Volvo et des voitures de course océanique moderne. En revenant aux racines, l’Ocean Globe Race incarne le cœur pur de l’aventure-pure et simple.
Les images historiques, les anecdotes, et les leçons tirées des années passées servent de fil rouge pour comprendre comment Vitalia II et Multiplast s’inscrivent dans une continuité d’innovations et de passion pour les grandes traversées océaniques.
Le texte met en avant les figures et les leçons qui ont façonné l’évolution des multicoques, l’importance de la fiabilité structurelle, et l’équilibre nécessaire entre vitesse et sécurité pour permettre à des équipages de taille moyenne de naviguer des machines capables de voyages extrêmes sans renverser les ambitions humaines.
Caractéristiques et éléments clés
- Vitalia II: catamaran géant, 110 pieds / 33,40 m, transformé en voilier de croisière ; vitesse > 30 nœuds, équipage de 6.
- Multiplast et Gilles Ollier Design Team: conception et réalisation de maxi multicoques; fiabilité et vitesse moyenne privilégiées.
- Vitesse potentielle: > 45 nœuds, avec prudence autour de 40 nœuds; objectif quotidien > 700 milles sur les traversées océaniques.
- Habillement et matériaux: voiles et structures optimisés par nouveaux matériaux plus légers et hydrofuges.
- Historique: continuité des projets The Race, Club Med, Commodore Explorer et autres références, reliant passé et présent des courses océanique.
- Dresser le panorama des machines actuelles et des configurations catamaran hautes performances.
- Repérer les défis de maniabilité et de sécurité en grande taille pour l’équipage.
- Relier les leçons de la Golden Globe Race et des Whitbread à l’architecture et la planification moderne.