Les demandeurs d’emploi ont tout à fait le droit de partir en vacances tout en continuant à percevoir leurs allocations chômage. Ce droit, prévu par l’article R. 5411-10 du Code du travail, permet de s’absenter jusqu’à 35 jours calendaires par année civile (du 1er janvier au 31 décembre). Vous souhaitez préparer vos congés France Travail sans risquer de perdre vos droits ? Peut-on partir à l’étranger ? Que se passe-t-il si vous dépassez la limite autorisée ?
Cadre juridique et conditions
Le Code du travail reconnaît explicitement le droit aux vacances pour les demandeurs d’emploi. Les jours calendaires désignent tous les jours du calendrier, y compris les samedis, les dimanches et les jours fériés, soit 365 jours par an (7 jours sur 7). À savoir : cette période de congé peut être prise en une seule fois ou de façon fractionnée, pourvu qu’elle se situe dans les limites d’une même année civile. Il est important de noter que l’ancienneté de l’inscription n’a aucune incidence : ce droit s’applique à tous les demandeurs d’emploi indemnisés, qu’ils soient inscrits depuis 1 mois ou 2 ans.
Attention : il n’existe aucun droit à congé spécifique pour les événements familiaux (mariage, décès d’un proche, naissance…). Si vous devez vous absenter dans ce cadre pour plus de 7 jours, cette absence sera déclarée comme un congé classique et décomptée des 35 jours annuels autorisés. Il n’est pas nécessaire de se déplacer en agence pour déclarer une absence.
Modalités de déclaration et suivi
Avant le départ : connectez-vous à votre espace personnel France Travail et déclarez votre absence via « Mon inscription et mes allocations » → « Signaler un changement de situation ». Renseignez vos dates exactes. Au retour : aucune démarche spécifique n’est requise. Votre suivi reprend normalement. En agence : rendez-vous au guichet ou à une borne tactile pour déclarer votre changement de situation. Attention : quelle que soit la méthode choisie, munissez-vous de votre identifiant et de votre mot de passe pour accéder à votre espace personnel en ligne.
En cas de perte, consultez notre article sur la récupération de vos identifiants France Travail. Selon l’article R. 5411-8 du Code du travail, vous disposez d’un délai de 72 heures avant le jour de votre départ pour informer France Travail de toute absence supérieure à 7 jours. Il est toutefois fortement conseillé d’anticiper cette démarche dès que vos dates sont connues, afin que votre conseiller n’enregistre pas de convocation durant votre absence.
Impact sur l’indemnisation et dépassement
Si vous êtes demandeur d’emploi et que vous percevez une allocation chômage, vous continuez à être indemnisé de manière identique durant vos jours de congés déclarés. Dépassement des 35 jours : à partir du 36ème jour d’absence, votre allocation est automatiquement suspendue. Absence à une convocation non déclarée : une radiation France Travail de 2 mois pour une première absence injustifiée, et de 6 mois en cas de récidive (articles L. 5412-1 et R. 5411-1 et suivants).
Passer ses vacances à l’étranger est tout à fait possible lorsque l’on est demandeur d’emploi. Vous n’êtes pas tenu de préciser votre lieu de villégiature à votre conseiller France Travail, que vous soyez en France ou à l’étranger. En revanche, un séjour hors de France non déclaré peut entraîner une suspension de vos droits. Financer des vacances peut s’avérer difficile en période de chômage.

Aides et dispositifs complémentaires
La CAF propose des aides aux vacances pour les allocataires à faibles ressources : chèques-vacances ANCV, aides aux vacances enfants (AVE) ou aides aux vacances familles (AVF), dont les conditions et montants varient selon votre quotient familial et votre département. Par ailleurs, France Travail accorde à certains anciens demandeurs d’emploi une aide pour congés non payés. Ce dispositif s’adresse aux personnes ayant repris une activité après le chômage, mais qui n’ont pas encore acquis de congés payés pour la période de fermeture annuelle de leur entreprise.
Départ à l’étranger autorisé : pas besoin de préciser votre destination. Sanction dès le 36ème jour : allocation suspendue automatiquement. Mon conseil : n’oubliez pas votre actualisation mensuelle France Travail, même en vacances !
Points pratiques et conseils
- Les 35 jours de congés autorisés doivent être utilisés dans la même année civile, du 1er janvier au 31 décembre. Ils ne sont ni cumulables ni reportables sur l’année suivante. Si vous ne les utilisez pas, ils sont perdus.
- Oui. Même en période de carence ou avant la réception de vos premiers paiements, vous bénéficiez du droit aux 35 jours d’absence annuels. Cependant, votre allocation ne sera versée qu’à l’issue de la carence ou dès l’ouverture de vos droits.
- Oui, l’actualisation mensuelle reste obligatoire, même durant vos congés. Elle doit être réalisée entre le 28 du mois et le 15 du mois suivant. Régularisez votre situation le plus rapidement possible, dès votre retour ou même pendant les vacances si vous vous en rendez compte. Contactez votre conseiller par messagerie depuis votre espace personnel (rubrique « Écrire à mon conseiller ») ou par téléphone au 39 49, en précisant vos dates de départ et de retour.
- Non. Les jours de congés déclarés et indemnisés ne réduisent pas la durée totale de votre indemnisation. Votre compteur d’ARE continue de tourner normalement pendant vos congés, comme si vous étiez simplement en recherche d’emploi.
Tutoriel Attestation Pôle Emploi - Mission Locale Ouest Eure
En résumé, partir en vacances en étant demandeur d’emploi est possible et peut être compatible avec le maintien des allocations, sous réserve du respect des 35 jours annuels et des obligations de déclaration. Le cadre légal précise les conditions, les modalités et les conséquences en cas de non-respect des règles.