Le Parc national des Cévennes est l’un des onze parcs nationaux de France. Il a été créé en 1970 et s’étend sur trois départements : la Lozère, le Gard et l’Ardèche. Il s'étend donc sur deux régions : l'Occitanie et l'Auvergne-Rhône-Alpes.
Population permanente : chiffres et particularités
Seul parc national de France métropolitaine dont le cœur accueille des résidents permanents, le Parc national des Cévennes comptait au 1er janvier 2017 une population de 71 290 habitants permanents. Le Parc est l'un des rares parcs nationaux habités par une population permanente significative (71 290 habitants) y compris dans le coeur, espace protégé et réglementé. Le parc national des Cévennes a une particularité : il est le seul à être peuplé de manière permanente (71.290 habitants au 1er janvier 2017).
Le parc national couvre 93 500 hectares et regroupe 152 communes. Fort de 131 communes sur 3.750 km2, il crée par conséquent une dynamique économique non négligeable pour le territoire. Le cœur concentre les patrimoines naturel, culturel et paysager les plus rares. Sa superficie est de 937 km2 compris au sein de 39 communes. L’aire d’adhésion recouvre des territoires ayant une grande proximité à la fois biogéographique et culturelle avec le cœur. Sa superficie est de 2 180 km2. Elle est constituée des 114 communes qui ont adhéré à la charte du Parc national.
La densité de population sur l'ensemble du parc (2 973 km2) est donc de 24 hab/km2. Il abrite de ce fait une population permanente significative : 71 000 habitants vivent sur ce territoire dont quelque 600 dans le cœur.
Répartition territoriale et caractéristiques locales
Tout d'abord, « alors que la majeure partie du parc, et de son coeur en particulier, est située en Lozère, la population est fortement concentrée dans le Gard, sous l'influence d'Alès », écrivent les auteurs de l'étude. Il en découle que le parc est essentiellement rural dans sa partie lozérienne, et plus urbain dans sa partie gardoise. La partie gardoise se caractérise par une fragilité sociale plus marquée. La partie lozérienne est plus dynamique d’un point de vue économique.
La partie gardoise, notamment dans l'agglomération d'Alès, présente des caractéristiques plus urbaines que le reste du territoire. La population est ainsi plus présente sur une partie restreinte du territoire : la population sur 35 % du territoire. La partie lozérienne est aussi plus touristique.
Évolution démographique : attractivité, vieillissement et migrations
Si le territoire est attractif puisque il voit chaque année arriver de nouveaux habitants qui viennent souvent de zones limitrophes, la population baisse néanmoins depuis 2011 car elle est vieillissante. Malgré cette attractivité, la population du parc national baisse depuis 2011. En 2016, la moitié des habitants du parc national ont au moins 51 ans, alors que cet âge médian n'est que de 43 ans en Occitanie.
En 2016, pour 100 jeunes de moins de 25 ans, on compte 128 personnes d'au moins 65 ans, contre 103 en 1999. Le territoire gagne des personnes de tous âges, excepté entre 15 et 24 ans. Le territoire perd des jeunes : de jeunes, beaucoup plus nombreux que les arrivées (figure 3), sont caractéristiques des territoires dépourvus de pôle d’études supérieures.
Structures familiales et ménages
Des populations âgées ont tendance à rester à domicile, souvent seuls, y compris aux âges avancés. Parmi les habitants de 80 ans ou plus, deux sur cinq vivent seuls. Les ménages modestes sont nombreux : un couple avec un jeune enfant. La structure des ménages qui y habitent se traduit par une part importante de personnes vivant seules.
Emploi, économie locale et tourisme
L'économie est d'abord tournée vers le marché local, c'est-à-dire vers les besoins des résidents, permanents ou touristes. Ces activités représentent plus des trois quarts des emplois. L’économie du parc national des Cévennes est dynamique. L’emploi n’a cessé d’augmenter. Le tissu productif est surtout composé de petites entreprises et de micro-entreprises.
Le tourisme, surtout, est « un enjeu majeur », d'une part, parce qu'il soutient l'économie locale et, d'autre part, parce qu'il sensibilise le public aux préoccupations environnementales portées par le parc. Ce secteur représente 9 % de l'emploi total. Entre 1980 et 1995, il a connu un doublement de sa fréquentation touristique tous les 6 ans. Depuis l'an 2000, on peut évaluer cette dernière à près d'un million de personnes par an.
La capacité d'hébergement touristique, répartie sur l'ensemble du territoire est très élevée, et s'appuie sur les résidences secondaires et les campings. En revanche, l'offre hôtelière est « très restreinte ». Les campings représentent 20 % de la capacité d'hébergement.
Agriculture, agro-pastoralisme et filières locales
L’empreinte la plus profondément ancrée dans le territoire est celle de l’agropastoralisme. Plurimillénaire, l’agropastoralisme est aujourd'hui encore l'activité agricole prédominante du Parc avec quelque 20 000 moutons accueillis l'été sur environ 6 000 hectares d'estives collectives. L’agro-écologie et l’agriculture biologique sont favorisées. L’approche globale de l’agro-écologie permet d’améliorer la qualité environnementale des pratiques agricoles et de reconnaître l’importance de l’agriculteur qui les met en œuvre.
Les emplois agricoles représentent une part importante des emplois locaux, avec des emplois relèvent du secteur agricole (contre 4 % en moyenne en Occitanie). Les revenus élevés dans la partie lozérienne proviennent plus souvent d'activités que de prestations sociales.
Revenus, pauvreté et accès aux services
Quant aux revenus des ménages, ils « sont relativement faibles ». Le revenu annuel disponible médian par unité de consommation, en 2015, est ainsi de 17 386 euros dans le parc national des Cévennes, contre 19 672 euros en Occitanie. Du fait du niveau et de la structure des revenus (les revenus d'activité contribuent pour seulement 46 % au revenu disponible des ménages), 24 % de la population vivent sous le seuil de pauvreté, contre 17 % au niveau régional.
« Néanmoins, de nombreux services, pourtant essentiels, sont absents du territoire », comme certaines spécialités médicales (ophtalmologie, cardiologie…). Qui plus est, une partie de la population reste éloignée de nombreux équipements ou de services en raison des temps de trajet qui peuvent être longs.
Vie locale, protection et engagement territorial
Comme tous les parcs nationaux français, le Parc national des Cévennes se compose de deux zones : un cœur et une aire d'adhésion. Pour protéger ce joyau du territoire, une réglementation spécifique s'applique. Elle est définie dans ses grands principes par le Code de l’environnement. Ces règles encadrent les activités humaines. Elle a ainsi pour objectif de limiter les pressions sur le milieu naturel, d'encourager les comportements respectueux de l'environnement et de préserver la beauté et le caractère du Parc.
Dans l’aire d’adhésion, l’établissement public accompagne des projets de développement durable, compatibles avec les objectifs de protection et dans une logique de solidarité avec le cœur. La charte du Parc national affirme aussi la volonté du territoire d'être accueillant pour l’abeille domestique, qui joue un rôle essentiel de pollinisation.
Identité, patrimoine et biodiversité
Le Parc national des Cévennes porte une responsabilité importante dans l’acquisition et la diffusion de la connaissance des patrimoines naturels. Paysages à couper le souffle, richesse et diversité des milieux, abondance des sources, équilibre entre hommes et nature, le Parc national des Cévennes est un espace protégé exceptionnel.
La flore est quant à elle très diversifiée (11 000 espèces dont 2 350 plantes à fleurs). La faune du Parc national est extrêmement diversifiée. Plus de 2 400 espèces ont été répertoriées. Le Parc national abrite aussi des espèces d’intérêt communautaire. Parmi ces espèces, 137 jouissent d’une protection nationale et 31 relèvent de la directive européenne « Oiseaux ».
Après une éclipse d’une cinquantaine d’années, les vautours fauve, moine, percnoptère et le gypaète barbu animent à nouveau le ciel du Parc national des Cévennes. Réintroduit en 1981, le vautour fauve s'est particulièrement bien adapté. Le vautour moine a également fait l’objet d’une réintroduction en 1992 dans les Grands Causses. La réintroduction du gypaète barbu est, elle, en cours depuis 2012.
Tourisme durable, marque territoriale et offre d'activités
Depuis sa création, l’établissement public du Parc national soutient le développement d’un tourisme durable sur le territoire. Aujourd’hui, il construit et promeut, avec les professionnels du secteur, une destination touristique Parc national des Cévennes fondée sur les principes de l’écotourisme. La marque "Esprit parc national" valorise des produits conçus et proposés par des acteurs du territoire qui partagent les valeurs des parcs nationaux.
Avec ses 5 000 kilomètres d’itinéraires balisés, le Parc national vous invite à découvrir ses paysages magnifiques à pied, en compagnie d’un âne, à cheval ou en VTT. A pied, à cheval, à vélo, avec un âne, en ski de fond ou encore en trail, vous pourrez apprécier la beauté des paysages.

Protections internationales et labels
La réserve de biosphère des Cévennes est la quatrième française créée en 1985. Confirmé en 1998, le statut de Réserve de biosphère de l'Unesco a été attribué à nouveau en 2019 au Parc national des Cévennes pour une période de 10 ans. La réserve de biosphère des Cévennes s'étend sur 297 000 ha avec 120 communes réparties sur les départements de l'Ardèche, du Gard et de la Lozère.
La qualité de son ciel étoilé et la beauté de ses paysages nocturnes lui ont valu d'obtenir, en août 2018, le prestigieux label "Réserve internationale de ciel étoilé" (Rice) décerné par l'International Dark-Sky Association. La réserve comprend une zone centrale où la noirceur naturelle est préservée au maximum et une région périphérique où les élus, les individus et les entreprises reconnaissent l’importance du ciel étoilé et s’engagent à le protéger à long terme. Le Parc national des Cévennes a obtenu cette prestigieuse reconnaissance et devient la plus vaste RICE d’Europe.
Histoire, créations et mouvement local
Dès la fin du XIXe siècle, apparaît l’idée de protéger les paysages des Causses et des Cévennes. Le Club cévenol et d'autres associations constituées à la fin du XIXe siècle réclamèrent également la création d'un parc national afin de préserver le patrimoine de la région. Le parc national des Cévennes est officiellement créé par le décret n° 70-777 du 2 septembre 1970.
Dès avant la création du parc national, les opposants à ce projet ont voulu faire entendre leurs voix. Les arguments avancés par l'association « Terre cévenole », créée en 1967, sont la crainte de voir les droits et propriétés privées amenuisés par la structure du parc national. La mise en place d'un parc national conduirait à déposséder les collectivités locales d'une partie de leur pouvoir.
Acteurs, gouvernance et animation
La directrice de l'établissement met en œuvre les décisions du conseil d'administration et anime une équipe répartie moitié-moitié entre le siège à Florac et les 4 massifs (Aigoual, Causses-Gorges, Mont-Lozère et Vallées cévenoles). Depuis sa création, le Parc national des Cévennes porte une responsabilité importante dans l’acquisition et la diffusion de la connaissance des patrimoines naturels.
Culture, patrimoine et identité
L’histoire du territoire est également faite de l’esprit de résistance et de l’identité qui s’est forgée notamment durant la longue et tragique période de répression de la réforme protestante. Lieu d'une identité culturelle forte, le pays des Cévennes fut le berceau de l'insurrection des Camisards lors de la révocation de l'édit de Nantes, et le théâtre de la persécution qui suivit contre le protestantisme.
Les Causses et les Cévennes conservent de nombreux témoignages de l’évolution des sociétés pastorales : patrimoine bâti, drailles et voies de transhumance, systèmes hydrauliques…
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Population permanente (2017) | 71 290 hab. |
| Superficie du cœur | 937 km² (39 communes) |
| Superficie de l'aire d'adhésion | 2 180 km² (114 communes) |
| Densité moyenne | 24 hab/km² |
| Revenu disponible médian (2015) | 17 386 € / an |
| Taux de pauvreté | 24 % |
| Part de l'emploi dans le tourisme | 9 % |