Le Mont Rivel classé, en partie, au répertoire des monuments historiques (en lien avec le musée gallo-romain de Champagnole) est un site riche d’histoire et de paysages qui attire randonneurs et passionnés d’archéologie. C’est aussi le lieu d’exploitation d’une ancienne cimenterie, dont une partie des galeries s’est effondrée en 1964 (une stèle commémorative rappelle cette catastrophe).
Parcours et points de vue majeurs
Traverser le centre du village et prendre un chemin à découvert direction À la Côte. Aux trois fontaines, continuer jusqu'à Sur le chêne (chêne le plus vieux du site estimé à 200 ans). Poursuivre la ligne de crête (belvédère) pour rejoindre le sommet jusqu'à la Ferme du Replain (partie sommitale du Mont Rivel, à 812 m d'altitude, qui a porté un temple gallo-romain et un château seigneurial, dont les ruines sont aujourd'hui inaccessibles car situées dans la zone à risques géologiques).
Descendre jusqu'à Sous la carrière (fabrication de chaux et de ciments entre 1840 et 1995) en passant par le second belvédère (vue sur le bassin de Champagnole). Prendre ensuite la direction du Bois de Bry, puis du Bois de l'Erculot pour revenir À la Côte et Équevillon. Départ possible de Champagnole.
Les ambiances du site
Randonnée n°37 du topo pédestre CNJ Tourisme. Du « Parking de la Cimenterie », suivre le chemin, grimper l’escalier, franchir le pont de la N 5 et monter la route. Au panneau « Sur Burgille », continuer la route en lacets. Après « Sous la Carrière », atteindre le belvédère (vue sur Champagnole). À la « Ferme du Replain », bifurquer à gauche, suivre la crête, puis obliquer à droite dans les buis et gagner « Sur le Chêne ».
Longer l’arête, passer sous la ligne électrique, tourner à gauche et atteindre, dans un coude, l’ancien chemin du château (ne pas pénétrer, risque d’éboulement). Monter la piste à gauche. Passer « Bois de Bry » sous la ligne électrique. Partir à gauche (sud-est) sous la ligne électrique, continuer par le sentier et retrouver « Sur Burgille ».
Organisation des quartiers et vivant patrimoine
Plusieurs quartiers s’organisent : le quartier oriental est résidentiel, avec des maisons disposées en terrasse ; le quartier occidental est destiné aux activités agricoles et artisanales, telles que commerce des viandes séchées, ateliers de tabletterie (fabrication de petits objets soignés à partir de bois, d'os, de nacre ou d'ivoire), petites forges. Au nord, deux grands bâtiments permettent l’accueil des pèlerins. L’ensemble a été fondé aux environs de 50 av. J.-C.
Itinéraires et vues historiques
Le sentier sculptural: Le Mont Rivel est un sommet qui domine de 812 mètres d’altitude la petite ville de Champagnole dans le Jura. Le mont cache bien des trésors que nous allons vous présenter ici, trésors artificiels mais aussi trésors naturels. L’histoire a laissé de nombreuses traces à différentes époques. Mais nous allons tout d’abord emprunter l’ascension depuis l’ancienne cimenterie et admirer les différentes œuvres. Onze sculptures en pierres et en bétons d’onze artistes différents, elles sont placées le long de la petite route qui monte en lacet. Elles ont été posées lors du Symposium international de 2008.
Le canyon: Les anciennes carrières du Mont Rivel ressemblent à un canyon, elles ont été exploitées jusqu’en 1995. La faune et la flore ont repris le dessus et l’on peut avoir parfois quelques belles surprises et admirer chamois ou lièvres… Mais elles constituent un véritable trésor pour les spécialistes des minéraux qui trouvent des calcites, des fossiles, des coraux fossilisés, des ammonites, des oursins, des petites géoles de calcite rose et des dolomites.
La ferme du Replain: La parcelle de la ferme du Replain aurait été achetée en 1688. Aujourd’hui, elle sert surtout d’abri pour les randonneurs. En 1722, les supposés premiers habitants ont gravé une pierre et très certainement placé une statuette dans une niche sur le dessus de l’entrée afin de protéger la demeure. On peut lire « Mon Dieu, ayé pitié de ceux qui en 1722 firent construire cet édifice Seigneur préserve les du malheur (?) Claude Girot et sa chère moitié en ce monde et dans l’autre« .
Le château: Il reste un bien maigre vestige de ce château. Des pans de murs prêts à s’écrouler. Bien sûr l’accès est totalement interdit. Le site n’est donc pas aménagé et un périmètre sécurise les randonneurs qui passent à proximité. La date exacte de la construction du château est à ce jour inconnue, mais une mention stipule que Humbert IV de Salins aurait fait construire ce château autour de 1130. À son apogée, le château était imposant: donjon, tours et enceinte qui suivaient la ligne de l’éperon barré. Le château est en partie détruit par les Français en 1479 puis incendié l’année suivante.
Le Temple Gallo-Romain: Au sommet du Mont Rivel, un bâtiment métallique protège un site archéologique. Il s’agit là d’un fanum, autrement dit, un temple gallo-romain. Il faisait partie d’un ensemble composé de deux temples (l’un de plan octogonal, l’autre de plan rectangulaire). Tout deux formaient le noyau du sanctuaire. Entre les deux temples, une immense aire sacrée, des bâtiments d’hébergement, ainsi que d’autres constructions pour les montures et attelages. A l’ouest, on trouvait des installations artisanales. A l’est, des habitations avec sous-sol. Il est possible que d’autres vestiges de cette agglomération aient été détruits lors de l’exploitation de la carrière. Les fouilles ont permis de nombreuses trouvailles : monnaies, fibules de Nauheim, rouelles, amphores Dressel. Le site du Mont Rivel aurait été occupé à l’âge du Fer, à la Tène finale, jusqu’au Haut-Empire. Le site est classé aux Monuments Historiques depuis 1988.
La catastrophe du Mont Rivel et ses suites
Depuis 1840, on exploite la pierre du Mont Rivel. Les ouvriers ont travaillé durant 150 années dans la difficulté des tâches et dans la précarité. Il fallait tirer des wagons, porter des sacs pendant 16 heures par jour. Le 27 juillet 1964, quatorze mineurs de la carrière souterraine de la cimenterie Bouvet Ponsard sont ensevelis sous le Mont Rivel. Neuf ont pu être sauvés après une semaine d’opérations, mais malheureusement cinq mineurs et un sauveteur seront retrouvés morts. Depuis, un memorial dédié aux victimes de la catastrophe a été édifié. Le 27 janvier 1995, la carrière cesse d’être exploité menant à la perte de 73 emplois.
Pour s’y rendre et accès
Pour s’y rendre: Depuis Champagnole, prendre la rue Stephen Pichon. Arriver dans la Zone Industrielle, prendre chemin du Mont Rivel puis rue de la Cimenterie. Le départ est à Champagnole et l’arrivée aussi, traversant Champagnole, Équevillon et Vannoz. Accès routiers et parkings facilitent le départ, notamment depuis Champagnole en remontant la rue baronne Delort en direction du SDIS. Le sommet emblématique du territoire, le Mont-Rivel culmine à 812 mètres d'altitude et domine les communes de Champagnole, d'Équevillon et de Vannoz, témoignant de l’activité humaine au fil des siècles et des vestiges variés qu’il renferme.
Statut et héritage
Des vestiges du passé, dont un temple gallo-romain et des ruines d’un château fort, témoignent que le Mont Rivel a été un repère stratégique et un site d’exploitation, puis un espace de mémoire et de promenade. Des traces d’occupation remontent à l’Antiquité et les fouilles ont livré monnaies et objets variés retrouvés sur le plateau sommital. Le Mont Rivel, sommet emblématique du Jura Champagnolais, offre un ensemble de points de vue exceptionnels sur les bassins de vie alentour et un parcours qui mêle nature, archéologie et mémoire industrielle.
