Excursion à bord de La Louise : avis et immersion dans l’univers d’une goélette polaire

Thierry Dubois est un coureur au large en solitaire français, avec un joli palmarès à son actif entre les années 1990 et 2000. C'est ainsi que Thierry résume ce qu'il vit aujourd'hui. Il aura fallu six années et 23 000 heures de travail pour la conception et la construction de La Louise, cette élégante et robuste goélette de 19 m. Thierry part d'un cahier des charges très élaboré, héritage de son cursus de marin constructeur de bateaux et d'une page blanche. Cet ancien compétiteur de haut niveau et propriétaire de bateaux depuis l'âge de 16 ans ne regrette rien car ce projet prend sa source dans son adolescence. Il correspond à sa … Forte de 15 ans d’expérience arctique, La Louise et son équipage vous propose d’aller plus loin ensemble.

Si vous rêvez d’exploration, que l’histoire et la vie locale vous intéressent : Faites le choix d’un mode de voyage aux destinations plus confidentielles, adapté à la nature et à la goëlette. 6 passagers et un programme à la carte, vous aurez la conviction d’être sur le bon bateau ! …en passant par le Groenland un équipage de professionnels vous fait naviguer en toute sécurité. Vous pourrez, si vous le souhaitez, participer à la vie à bord et à la bonne marche du bateau. Nous vous proposons des séjours de 1 à 3 semaines en Arctique, alternant de courtes navigations avec des activités terrestres.

Les goélettes partant pêcher « à Islande » attendaient le mois d’avril pour appareiller de la pointe bretonne et éviter le trop gros temps en Atlantique Nord. Pas La Louise (Chasse-Marée N° 279), qui rallie chaque année cette île dès le mois de mars. Trop tôt ? La Louise, en route vers l’Islande, une navigation qui va s’avérer… musclée ! Solidement taillée pour affronter le gros temps, la goélette donne une impression de puissance, avec son brion très marqué, tout en restant élégante.

C’est en décollant de 10 centimètres de la bannette, la tête vissée à l’oreiller pour ne pas qu’elle aille donner sur le vai­grage de l’une des cabines avant de La Louise, que je me suis souvenue de la phrase de Thierry Dubois : « On ne prend pas de passagers pour le convoyage aller, c’est trop dur ! » Quand un type qui a trois tours du monde en solitaire dans les bras vous dit ça à minuit, après quelques verres, dans l’esprit de n’importe quelle personne normalement constituée une alarme devrait se mettre en route.

Sauf que le navigateur ajoute : « Si tu veux nous aider à “monter” La Louise vers le Groenland, il y a de la place pour toi. » Une proposition comme celle-ci est propre à faire perdre son bon sens - marin - à tout candidat aux hautes latitudes. Voilà comment, un 10 mars, on se retrouve au Nord du Rockall, un rocher émergeant entre Irlande et Islande, ballotté si brutalement que l’on pense sérieusement à s’attacher pour ne pas se blesser. Dernière pensée avant de sombrer dans un sommeil traversé de violences : « Surtout, serrer les dents pour ne pas se mordre la langue. Abonnez-vous à la newsletter de Voiles et Voiliers, c’est gratuit ! 4 mars.

La lumière du matin, entre les grains, fait luire le jaune crème caramel de la goélette amarrée au bout de l’un des pontons du port de Locmiquélic. L’avis de grand frais et de mer grosse a été réitéré sur l’Ouest Finistère pour les prochaines vingt-quatre heures, mais Thierry Dubois a décidé de partir. Après deux jours d’attente, il table sur un répit de quelques heures qui permettrait à son voilier de faire route vers la pointe bretonne. Puis il espère pouvoir mettre cap à l’Ouest en attendant une bascule de Nord-Est susceptible de positionner La Louise sur la ligne pointillée de la route directe, tracée sur l’écran de l’ordinateur de bord. Les vingt-deux caisses de ravitaillement de la saison 2016 - une par semaine -, minutieusement numérotées, ont été embarquées et calées dans les fonds. Les vivres frais sont entreposés dans la « cave », cet espace non isolé ménagé sous le plancher de la chambre de veille, le quartier général de l’équipage en navigation.

La vidange et le changement des filtres du John Deer de 245 chevaux ont été effectués cette nuit ; au fond du cockpit, la trappe d’accès au moteur a été scellée au millimètre près par des vis alignées au garde-à-vous. Après le plein de gasoil et quelques courses de dernière minute livrées gratis par un shipchandler de Keroman averti de l’urgence, la goélette double la citadelle de Port-Louis. À son bord s’activent : Thierry, armateur-propriétaire-constructeur-skipper, quarante-neuf ans ; son second Annabelle, navigatrice et compagne du patron, trente-deux ans ; Hélène, vingt-trois ans, élève du lycée maritime d’Étel en stage d’immersion - le bon mot !

La Louise est une belle goélette née de la réflexion et de l’expérience de Thierry Dubois, son concepteur. Pourquoi une goélette ? Parce que le nom fait rêver. Enfant, Thierry en dessinait déjà sur les pages de ses cahiers d’écolier. La Louise est un bateau robuste et marin, conçu spécialement pour les croisières arctiques et se frotter aux glaces en toute sécurité. Depuis 10 ans, la goélette et son équipage explorent des fjords éloignés, les mers froides et des territoires marins oubliés. La Louise est le bateau de sa vie, un voilier nommé désir comme un rêve de gamin, de ceux dont on sait de manière inexplicable mais certaine qu’ils se réaliseront un jour.

La mer et les moments passés au large sont pour lui source d’inspiration et de gamberge. « Les grandes décisions dans ma vie, je les ai toutes prises quand j’étais en mer ! » dit-il. Le marin n’a jamais gouté à l’immobilité, alors quand il part pour trois mois autour du monde, inutile de dire que le fruit de ses réflexions est à la hauteur de ses navigations engagées. Très tôt donc surgit en lui une envie de bateau à laquelle ses tours du monde ont donné forme : un bateau 19 mètres de long à l’allure unique. «Quand j’ai rédigé un cahier des charges pour le projet de La Louise, il fallait un bateau qui soit adapté à la navigation et au charter dans des zones polares, l’Arctique en particulier ». Thierry est engagé en 2002 dans la course Around Alone, son troisième tour du monde en course en solitaire, lorsqu’il évoque pour la première fois son projet de goélette avec Nigel Irens, l’architecte de La Louise, passionné d’histoire maritime à voile et architecte talentueux de nombreux bateaux de course.

Le dessin de La Louise sera l’alliance parfaite entre tradition et modernité, fonctionnalité et confort, performance et sécurité. Le marin est volontaire et aguerri. Deux qualités requises quand on se lance dans ce genre d’entreprise titanesque. La tâche est à la mesure de ses rêves. Des heures de travail, 23 000 au total, dont une partie réalisées seul. Au début des années 2000, Thierry vient en effet de consacrer dix années de sa vie à la course au large, dont une partie pour la construction de son monocoque de 60 pieds baptisé Solidaires avec lequel il participe à son deuxième Vendée Globe, avant Around Alone, course autour du monde en solitaire avec escale.

Pour mener à bien la construction de Solidaires et tenir les délais imposés par l’enchaînement des courses, Thierry s’était constitué autour de lui une équipe de techniciens. Mais pour La Louise, il voit les choses autrement : il décide de prendre son temps et d’étaler la construction. Un choix qui lui permet de réfléchir, de peaufiner les détails avec toujours le souci d’anticiper les conditions de vie en mer à bord de la Louise. Ce choix d’une construction dans un temps qui lui appartient permet à Thierry de connaître parfaitement son bateau, de A à Z et de le faire toujours évoluer aujourd’hui, saison après saison. Vous l’avez compris, La Louise n’est pas n’importe quel bateau. C’est un voilier adapté à son programme, bien conçu et bien construit pour emmener 8 passagers et deux marins dans les meilleures conditions dans des zones polaires, vierges, isolées et parfois hostiles.

« Avec la vente de mon bateau de course, j’aurai tout aussi bien pu acheter un bateau de charter pour démarrer mon activité plus vite. Après des années de course au large, Thierry Dubois s’était fait un nom dans le monde de la compétition. A l’heure de prendre une retraite sportive, comme d’autres il aurait pu tout à fait envisager de se payer un bateau de voyage pour partir en famille ou entre ami, revenir à terre de temps en temps pour arrondir les fins de mois et remplir la caisse de bord en donnant des conférences sur la performance devant des parterres des cadres commerciaux. La Louise est un bateau de charter conçu pour partager des expériences polaires et des moments uniques de vie en mer. « C’était ma volonté : privilégier le confort et la sécurité de mes passagers avant tout le reste. C’est la base. A bord on peut se laver, se réchauffer au coin du poêle, on partage de bons moments, on mange bien et de bons produits qui proviennent de chez des petits producteurs, c’est important, une bonne table, c’est le petit plus.

Question sécurité en mer, Thierry Dubois est un des marins français les plus affutés. En 1996 durant le Vendée Globe, son monocoque Amnesty International est victime d’un chavirage dans l’Océan Pacifique par plus de 50 degrés Sud. Depuis cette date, il est un promoteur obstiné de la sécurité. Fort de son expérience des navigations en solitaire et par esprit de professionnalisme comme dans tout ce qu’il entreprend, le skipper de La Louise apporte donc une attention toute particulière aux questions de sécurité. Par exemple à bord, « chaque personne dispose d’une combinaison de survie. Toujours dans l’esprit de pousser plus loin le caractère professionnel de cette activité de charter, je souscris une assurance responsabilité civile spécifique.

Thierry a conçu La Louise en partant d’une feuille blanche. La goélette est le fruit de son intelligence maritime et de son expérience en course sur toutes les mers du globe. « Le gréement d’abord, avec deux mâts, permet de libérer beaucoup d’espace sur le pont, idéal pour les séquences d’observations en mer ou au mouillage, ainsi que pour la manutention du matériel de montagne, de kayaks… Le cockpit fermé est un poste de veille idéal, protégé des intempéries. Le voilier dispose de 5 cloisons étanches garantissant une flottabilité et une sécurité en cas de voie d’eau. Sa carène classique et son déplacement lourd offrent un confort à la mer. Il y a très peu de voiliers au monde comme La Louise. Elle est un des rares bateaux à voile construit pour des navigations polaires et dédié au charter. Dès sa conception, sa coque est dotée d’une structure capable d’encaisser des chocs avec la glace et d’une étrave brise-glace. La forme du bateau et sa structure ont donc été prévues pour naviguer près des icebergs et se frotter aux growlers. La goélette n’est pas un voilier de luxe mais les passagers s’y retrouvent comme dans un refuge de montagne. « Chacun partage la vie du bord et on s’y sent bien, en sécurité. Le bateau a été fait pour accueillir des passagers. A bord, ils ne sont pas simplement des clients qui achètent une place » souligne Thierry. « Ils prennent part avec moi à la vie du bateau et font vivre ainsi l’esprit de La Louise. »

Thierry prépare à manger, a plaisir à faire la cuisine, à servir à table, à préparer des bonnes choses pour des gens qui viennent de se faire une randonnée. Le carré convivial invite au partage et donne le temps aux échanges comme dans les veillées d’antan au coin du feu. La goélette n’est pas un concept né d’une réflexion marketing ou purement commercial. Elle est la promesse d’une navigation vraie, pure et authentique avec un équipage qui souhaite partager ses voyages et son expérience. « C’est grâce aux passagers que La Louise existe et navigue en Arctique. C’est devenu un mode de vie pour moi, partager le privilège de découvrir des zones arctiques, c’est la vie que j’ai choisie » résume Thierry. «Dans mon esprit, La Louise est un bateau participatif. Le prix d’une navigation à bord doit rester à la portée d’un maximum de gens. C’est un moyen, un outil, un vecteur de découverte et de voyage. »

Alors qu'il a été mis à l'eau en 2010 après 4 ans de construction par son skipper Thierry Dubois, La Louise sillonne les fjords et les glaciers de l'Arctique à raison de 6 mois par an depuis 2011. L'objectif derrière ce projet ambitieux est bien différent que celui de son ancienne construction, le 60 pieds Solidaires, avec lequel il a déjà effectué 3 tours du monde. Considéré comme le projet d'une vie auquel il pensait depuis enfant, Thierry Dubois a mûri une longue réflexion autour du choix des matériaux de construction et de la structure générale afin de lui garantir une qualité et une pérennité certaine. Cockpit fermé, balcon pour les photographes, assises confortables…

caractéristiques techniques goélette arctique

BA - Document Terre - Cap sur l'Antarctique

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