« La Croisière Jaune », c’est un projet de traversée de l’Asie en automobile lancé par l’industriel André Citroën en 1932. Ce dernier, avait nommé à la tête de cette expédition Georges-Marie Haardt, industriel et explorateur français d'origine belge. Avec La Croisière jaune, André Citroën, fondateur de l'empire industriel automobile du même nom, a souhaité mettre en avant les prouesses techniques de ses véhicules. Il a voulu montrer qu’il était possible de se lancer dans une expédition pionnière, suivant les traces de l'ancienne Route de la soie. Son objectif était aussi d’emmagasiner de nombreuses données scientifiques. Il a fallu pas moins de trois ans pour mettre en place le corps expéditionnaire.
Deux équipes se sont élancées à la conquête de l’Asie le 4 avril 1931 : le premier groupe « Pamir », a commencé son voyage à Beyrouth pour ensuite, selon les plans initiaux, passer par les Indes, l'Himalaya et le Kazakhstan jusqu'en Chine, à Pékin. Le groupe Pamir n’a rencontré aucun problème pour se déplacer dans le golfe persique et les différents pays d’Asie mineure. A contrario, le groupe Chine a fait face à de nombreuses difficultés : ses membres ont notamment été retenus prisonniers par le maréchal King Shu-Jen, un gouverneur chinois. Ils furent libérés grâce à l’intervention de Georges-Marie Haardt. À peine remis de leurs émotions, une tempête de sable les a submergés alors qu’ils traversaient le désert de Gobi. Enfin, dernière grande difficulté : ils sont confrontés à une véritable insurrection en traversant la Corée. Malgré tous ces obstacles, les deux équipes réussissent à se rejoindre le 27 octobre à Urumqi, avant d' arriver enfin à Pékin le 12 février 1932, sous une pluie d’applaudissements.
Malgré sa réussite, l’expédition laisse un goût amer : parmi les 40 hommes partis de Beyrouth, douze seulement ont survécu. Georges-Marie Haardt compte parmi les victimes, ravagé par une pneumonie développée pendant le voyage. Le cortège s’ébranle en 1931, pour une traversée de l’Asie centrale en voitures autochenilles sous les couleurs de Citroën. Echos sonores de cette équipée motorisée à travers les archives et par ceux qui l’ont racontée. Après le Sahara et l’Afrique subsaharienne, c’est la troisième expédition du genre organisée par l’entreprise automobile, désormais aguerrie à la promotion de sa marque. France Culture Exhiber les couleurs de ces automobiles aux quatre coins du monde pour faire vibrer la fibre aventurière du client de Citroën au volant de son auto lors de sa balade dominicale, c’est bien le pari promotionnel de Saint Citron.
La Croisière Jaune est aussi l’occasion de faire avancer le cinéma et la science françaises en matière de savoirs exotiques. Si l’empire colonial français est délimité par ses frontières, son rayonnement ne saurait accepter de telles limites. Cependant, le périple ne s’annonce pas aussi harmonieux qu’une réclame publiée dans la presse… Le parcours traverse une Chine en pleine guerre civile et la famine qui ravage le Kazakhstan sous domination soviétique interdit bientôt d’en franchir la frontière. Malgré les préparations techniques et diplomatiques de l’entrepreneur, les réalités géopolitiques et climatiques vont douloureusement contrarier les rêves de gloire des aventuriers embarqués. L’expédition se heurte aux pouvoirs locaux et traverse les guerre civiles.
On y rencontrera notamment André Citroën et Pierre Teilhard de Chardin. Citroën de la Croisière jaune, en 1930. Avec les voix (archives) de: William Sivel, ingénieur du son, Georges-Marie Haardt, chef du "groupe Pamir", Victor Point, chef du "groupe Chine", Louis Audouin Dubreuil chef du "groupe Pamir", Gustave Kégresse, chef mécanicien, André Reymond, naturaliste, André Sauvage, cinéaste, André Citroën et ses enfants....
1933 La Croisière Jaune de LE FEVRE GEORGES engagé par André Citroën et Georges-Marie Haardt comme historiographe de l'Expédition Centre-Asie. Il rend compte de cette héroïque épopée, la 3 ème mission de G. M Haardt, dans ce livre le plus célèbre "La Croisière Jaune". Préface d'André Citroën, Introduction de L. Audouin Dubreuil. 6 cartes dont une dépliante en fin d'ouvrage et 95 photographies hors texte. 1935 Lueurs d’Asie du capitaine de Penderill Waddington Le capitaine de Penderill Waddington relata, sous le pseudonyme de Waddy, la reconnaissance du trajet retour de la Croisière Jaune que lui demande Georges-Marie Haardt.
2001 La Croisière Jaune - Sur la route de la soie par Ariane Audouin Dubreuil, la fille du Commandant Louis Audouin-Dubreuil. 2020 Malafosse-Giraud, Histoire d’Un Garage Citroën en Lozère celui-ci a en effet accueilli les hommes et les machines de la Croisière Jaune. Et ils en avaient gardé de nombreuses archives. Pierre Mazet est né en 1953 à Saint-Étienne dans une grande famille de mineurs. Il réside aujourd’hui à Saint-Étienne. Après des études universitaires en sciences économiques, il rejoint l’INSEE à Paris. Il passe une maîtrise d’histoire en 1997, dont le sujet est le village de Billom, en Auvergne, d’où il tira son premier polar historique Meurtre peu conventionnel à Billom (Elytis).
Après le succès de la croisière noire lancée en 1924, Georges-Marie Haardt, l’un de ses artisans, songe rapidement à ouvrir la « route de la soie » à la circulation automobile. Le raid débute en 1931 et se double d’une expédition scientifique. De nombreux savants participent à cette formidable épopée, dont le prêtre jésuite Pierre Teilhard de Chardin, également géologue, paléontologue et philosophe. Au-delà de la performance, l’idée de Haardt est de prolonger l’expédition en ouvrant une nouvelle voie en Indochine. Mais Haardt décède d’une pneumonie le 16 mars 1932 à Hong Kong. La croisière jaune se termine dans le triomphe et la tragédie. C’est sous la forme d’un carnet de voyage tenu par Teilhard de Chardin que Pierre Mazet revisite l’histoire de cette aventure.
Pour tous les amateurs et collectionneurs d’automobiles, d’art, d’histoire, d’Asie, l’exposition de la collection DESCHAMPS sur les Croisières Citroen est un événement à ne pas rater du 18 au 23 Juin 2021 chez CORNETTE DE ST CYR. Les 2 vedettes de l’exposition vente organisée par CORNETTE DE ST CYR du 18 au 23 juin ce seront ces 2 autochenilles !
En cliquant sur l’image ci-dessus, découvrez le fabuleux catalogue officiel produit par François MEYNIEL, répertoriant les 266 lots proposés à la vente aux enchères par CORNETTE DE ST CYR, dont des morceaux d’histoire pour quelques centaines d’Euros et quelques joyaux de ces Croisières Citroen pour lesquels les collectionneurs vont faire monter la pression dans la salle avec deux légendes : une autochenille B2 de la Croisière Noire de 1924 et une autochenille C6 de la Croisière Jaune de 1931. La première fois que j’ai eu Eric Deschamps au téléphone en 2000 pour parler de Croisières Citroen, j’ai su que la dérision et l’humour absolu seraient notre came à tous les deux..
La première fois que je l’ai rencontré sur son stand Croisières Citroen à Rétromobile en 2004, je me suis déguisé de façon à ce que lui et sa femme Domi s’en souviennent… La première fois que je suis allé leur rendre visite chez eux en 2005, sa femme me dit « je ne pourrai pas supporter deux Eric ici. Donc mon mari restera Eric et toi tu seras Léon ! ». Eric DESCHAMPS a eu un parcours de vie riche en aventures et en rencontres. Marin chevronné, pendant de très nombreuses années, il a sillonné le globe avec son grand voilier, il a plongé sur de nombreuses épaves dont celle du H.M.S. Bounty.
En 1963, il a acheminé Francis Mazières sur l’île de Pâques avec un oeil critique, connaisseur et farceur. Eric a eu l’idée géniale d’enterrer et disperser d’authentiques pièces de monnaies romaines sur l’Île de Pacques ce qui pour moi, constitue la farce absolue !!! Cela risque de perturber de futurs archéologues ! En 2007, le départ officiel de notre réédition de la Croisière Noire Citroen en Traction- Avant fut donné depuis la propriété de la famille Deschamps pour y puiser inspiration et bénédiction… Et depuis toutes ces années, à chaque fois que je retourne voir les Deschamps dans les Alpes de Haute Provence, ce sont toujours les mêmes sourires, fou-rires, regards complices, jeux de mots, envies de profiter de la vie et aussi ces longues discussions sur la vie, sur les autres et bien évidemment sur les Croisières Citroen dont on partage cette profonde passion. J’ai revu Eric Deschamps il y a quelques semaines pour l’aider à trier et répertorier avec sa famille et François MEYNIEL, les incroyables pièces de collections pour éditer le catalogue de sa vie d’historien collectionneur. Eric m’a offert un objet et une dédicace qui est à l’origine et la motivation d’une prochaine expédition, ma dernière grande aventure automobile qui courant 2024 consistera à partir sur les traces historiques de la Croisière Jaune entre Beyrouth et Pékin pour un travail iconographique et documentary à travers Liban, Syrie, Irak, Iran, Afghanistan, Pakistan et Chine.
Trois semaines avant l’ouverture officielle de l’Exposition coloniale de Paris, André Citroën donne le signal du départ à la plus médiatisée et à la plus suivie de ses quatre expéditions continentales de l’entre-deux-guerres : la Croisière Jaune. Après la traversée du Sahara en 1923, puis la Croisière noire (1924-1925), et avant la Croisière blanche dans le Grand Nord américain (1934), il ambitionne cette fois de lancer plusieurs autochenilles sur la mythique route de la Soie pour leur faire traverser l’Asie. Début avril 1931, un groupe part de Beyrouth, l’autre de Tianjin en Chine, et le projet prévoit qu’ils fassent jonction dans le Xinjiang. Également appelée « Expédition Citroën Centre-Asie », la Croisière Jaune a pour mission de prouver au monde les qualités techniques des véhicules du constructeur français, mais aussi de récolter le plus possible de données scientifiques. Citroën met à la disposition de « ses » explorateurs des véhicules tout-terrain et un équipement technologique dernier cri pour les prises de vues. Dirigé par Georges-Marie Haardt (1884-1932) et Louis Audouin-Dubreuil (1887-1960), qui ont déjà participé aux deux précédents raids, le groupe Pamir comprend une équipe cinématographique chargée d’assurer la promotion de la Croisière. Elle est conduite par André Sauvage (1891-1975), auteur de grands documentaires comme Portrait de la Grèce en 1927 ou Etudes sur Paris en 1928. L’affiche du film est construite sur un contraste très vif entre une partie gauche d’un jaune doré, symbole du soleil levant et de la couleur de peau des Asiatiques, et une partie droite sombre tout en roches vues en contre-plongée.
Si les jeux de couleur dans les textes, en bas, renforcent cette opposition, la dynamique visuelle de cette affiche se révèle en fait plus complexe : la forte diagonale qu’elle impose au regard du spectateur accentue la perception du vertigineux abîme où l’autochenille pourrait tomber, à l’image des rochers qu’elle y fait dégringoler. Le véritable héros de l’expédition, c’est l’autochenille inventée par l’ingénieur Adolphe Kégresse (1879-1943), dont les spectateurs du film savent qu’elle a triomphé - sans connaître les détails, toutefois. Le modèle réduit en métal conservé au musée de l’Automobile avec sa remorque reproduit non pas le mythique « Scarabée d’Or » P19, véhicule de commandement du groupe Pamir reconnaissable à son réservoir sur le côté et à ses sièges passagers, mais un véhicule usuel C6, plus lourd, utilisé par le groupe Chine, qui pouvait emporter jusqu’à 450 kilos de charge dans sa remorque.
Dans l’affiche, les membres de l’expédition sont des silhouettes indistinctes massées autour de leur véhicule. Le spectateur associe leur épopée à celle d’Hannibal franchissant les Alpes avec ses éléphants (1), mais aussi à celle d’autres chars français, Citroën ceux-là, en 1918. L’affiche du film s’inspire d’un cliché pris près de Godhaï et aussitôt diffusé : l’autochenille y apparaît suspendue entre la piste effondrée et un précipice sans fond. Si les lecteurs de Le Fèvre dans L’Illustration savent qu’il a fallu près de cinq heures d’efforts pour tirer d’affaire ce véhicule pesant plus de 2 tonnes, rares sont les Français à connaître la suite de l’histoire : face aux obstacles naturels et aux difficultés géopolitiques (révoltes et rivalité entre puissances européennes), Citroën a dû renoncer. En ces temps de triomphe colonial de la France, remis en cause par les premiers mouvements indépendantistes au Maghreb, l’Asie apparaît comme un eldorado, un front à ouvrir. Le modèle réduit du C6 de Citroën vient ainsi nourrir un imaginaire construit sur des demi-vérités, comme le récit de l’expédition. Le film La Croisière Jaune a attiré d’innombrables spectateurs, mis en appétit par son affiche spectaculaire, diffusée à grande échelle et reproduite dans des ouvrages. Or Sauvage s’est vu reprocher d’avoir insuffisamment mis en valeur Citroën et le rôle des autorités françaises. Il est mis à l’écart suite à son emploi des intertitres, à ses longues séquences sur les populations Moï, tournées en Indochine en avril 1932, et à son refus du commentaire off de Georges Le Fèvre, qu’il juge trop nationaliste. Le montage final est confié à Léon Poirier, réalisateur de La Croisière noire (1926), qui avait refusé ce nouveau voyage.

1 - Hannibal (Annibal) (247-183 av. J.-C.) : général de l'armée de Carthage, ennemie de Rome, il mena la Seconde guerre punique (218-201 av. J.-C) contre les armées romaines menées par Scipion. Johan de Sumpf, « La Croisière jaune, une conquête de l’Orient pour conquérir l’Occident », Histoire par l’image [en ligne], consulté le 24/08/2026.
Les difficultés et les nuisances de la circulation dans les grandes villes ne constituent pas un problème spécifique à notre époque. En 1873, l’apparition de la première automobile va bouleverser la relation des hommes au temps et à l’espace. C’est dans les deux dernières décennies du XIXe siècle que débuta l’essor de l’automobile.