Le monde de la voile de compétition est un univers d’exigence, d’innovation technologique et de prouesses sportives, où les catamarans occupent une place de choix grâce à leur vitesse et leur agilité. L'Espagne, avec ses côtes variées et son riche patrimoine maritime, s'impose comme un acteur significatif dans ce paysage nautique, accueillant des événements de premier plan et contribuant à façonner le palmarès mondial des champions, tant par ses propres marins que par les scènes qu'elle offre aux compétiteurs internationaux. Qu'il s’agisse de duels en haute mer à bord de multicoques ultra-rapides ou de régates tactiques sur des plans d'eau intérieurs, la performance des champions en catamaran témoigne d'une maîtrise technique et stratégique exceptionnelle, souvent nourrie par des années de dévouement et d'innovation.
Cadix, le Grand Théâtre des Catamarans Volants F50 du SailGP
Le Grand Prix d’Espagne de SailGP à Cadix représente un moment phare dans le calendrier international des catamarans de haute performance. Cet événement, qui constitue la dernière étape européenne avant la grande finale d’Abu Dhabi, se déroule dans un décor andalou emblématique, souvent balayé par des vents aussi capricieux que puissants, rendant chaque manche imprévisible et spectaculaire. Les F50, ces catamarans monotypes équipés de foils qui les propulsent hors de l’eau à des vitesses vertigineuses, incarnent l'avant-garde de la technologie vélique, exigeant de leurs équipages une coordination parfaite et des réflexes hors du commun.
La baie de Cadix, en particulier, n’est pas un terrain inconnu pour de nombreux équipages de l’élite mondiale. Le pilote de l’équipe de France SailGP, Quentin Delapierre, connaît bien ce plan d’eau. C’est ici que la France avait signé une victoire retentissante lors d’un précédent Grand Prix en 2022, un succès qui a marqué l’histoire de l’équipe. C’est aussi là que Quentin Delapierre avait pris pour la toute première fois le volant du F50 français, une expérience formatrice qui a sans doute contribué à.forger son approche de la course. La préparation des athlètes est d'une rigueur absolue. La journée précédant la compétition est souvent consacrée à refaire le "safety training", essentiel pour les athlètes afin de pouvoir réagir en cas d’incident à bord de ces puissants catamarans, et à des réunions de performance avec toute l’équipe pour peaufiner la stratégie.
Malgré des défis constants, l’état d’esprit des compétiteurs reste combatif. Comme l'explique Quentin Delapierre, « Nous sommes 5e au championnat à 17 points de la qualification, mais on ne lâche rien. Cadix est un plan d’eau qui nous a déjà souri, on veut s’appuyer sur cette expérience pour frapper fort. L’objectif est clair : se battre aux avant-postes et finir la tournée européenne sur une performance qui compte. » Ce témoignage illustre l'intensité de la compétition en SailGP, où chaque point compte et où la capacité à surmonter l'adversité est aussi cruciale que la vitesse pure. Les rafales imprévisibles et la vitesse vertigineuse des F50 promettent un spectacle électrique, mettant en lumière le niveau d'excellence requis pour concourir au sommet de la voile mondiale en catamaran. L'organisation d'un tel événement en Espagne souligne le rôle du pays comme destination privilégiée pour les compétitions nautiques de prestige, attirant les meilleurs équipages et offrant des conditions de course d'une grande variété.
Valence et l'America's Cup : quand les multicoques d’élite animent les côtes espagnoles
L'Espagne a également été le théâtre d'un chapitre mémorable de l'histoire de la voile, en accueillant l'America's Cup, le plus ancien trophée sportif international. Valence, en particulier, a eu l'honneur d'organiser la 32e édition en 2007 et la 33e édition en 2010. Cette dernière fut d'une importance capitale pour l'évolution des catamarans de course. La 33ème édition de l'America's Cup, disputée en 2010 à Valence, marqua un tournant technologique avec l'affrontement de multicoques géants, Alinghi et Oracle. Loïck Peyron, navigateur français reconnu mondialement, a joué un rôle déterminant dans cette compétition emblématique. Doué d’un incroyable sixième sens marin, Loïck Peyron est un communicateur et un technicien hors norme dont l’influence sur l’évolution des monos et multicoques modernes est déterminante depuis quelques décennies. C'est au sein du Team Alinghi que Loïck Peyron est rentré par la grande porte dans l'univers élitiste de l'America's Cup. Avec Ernesto Bertarelli, il fut co-barreur du catamaran Alinghi, défendeur du titre, lors de cette 33ème édition à Valence face au trimaran Oracle. Cet engagement sur un catamaran de pointe, dans le cadre d'une compétition légendaire organisée sur les eaux espagnoles, illustre parfaitement la connexion de l'Espagne avec le plus haut niveau de la voile multicoque.
Le palmarès nautique de Loïck Peyron est unique, incluant le trophée Jules Verne, cinq titres de champion ORMA, quatre victoires sur la course de l’Europe, mais surtout, une victoire sur la Route du Rhum et trois sur "The Transat". Après une première tentative avec Team France en 2004, son rôle aux côtés d'Alinghi à Valence a consolidé sa réputation de maître des multicoques, ajoutant une dimension espagnole à son parcours déjà exceptionnel. Par ailleurs, l'Espagne continue d'attirer des compétitions variées, témoignant de son dynamisme dans le sport nautique. Clément Martineau, jeune espoir de la voile française, a par exemple récemment participé à une régate à Valence en 69F, un monocoque de type America’s Cup mais plus petit. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un catamaran, la présence de ces événements à Valence met en évidence la capacité de la ville à accueillir des marins de talent dans des formats de course innovants, renforçant ainsi la réputation de l'Espagne comme un centre névralgique pour la voile de haute performance.
Son lien avec Blois, c’est l’Insa, où le Rochelais Clément Martineau a intégré la filière sport de haut niveau de l’Institut national des sciences appliquées. Sa discipline, c’est la voile, et malgré les défis de la pratiquer en Loir-et-Cher, il s’en retourne à l’océan tous les jeudis, se bloquant trois jours de navigation par semaine. Ses efforts sont orientés vers un projet olympique, impliquant le passage sur le Nacra 17, un catamaran avec foils, discipline olympique qui fait « voler » les bateaux.
Le palmarès international des catamarans de sport : standards d’excellence
La compétition en catamaran est un domaine où l'excellence est constamment redéfinie, et le palmarès des champions mondiaux et nationaux en témoigne. Des catégories variées, allant des F16 agiles aux Nacra 17 olympiques, en passant par les Class A ultra-légers, montrent la diversité et la spécialisation requises pour atteindre le sommet. Ces réussites, bien que souvent l’apanage de nations traditionnellement fortes en voile comme la France, illustrent le niveau d'engagement et de compétence que tout champion de catamaran, quel que soit son origine, doit démontrer.
Un exemple frappant de cette excellence est le duo formé par le Mérignacais Emmanuel Le Chapelier et son coéquipier Éric Le Bouëdec. Ces deux marins se sont imposés lors du National F16 2026, disputé sur le lac d’Annecy du 23 au 25 mai. Cette victoire est d'autant plus remarquable qu'elle survient après un succès encore plus retentissant. En effet, les deux équipiers avaient remporté le titre de champion du monde de catamaran F16 2025, lors de la compétition qui s’est déroulée du 28 au 31 juillet 2025 à Medemblik, aux Pays-Bas. Leur parcours montre une progression constante et une capacité à performer sous pression. Emmanuel Le Chapelier expliquait : « Nous étions annoncés parmi les favoris grâce à notre titre de champions du monde 2025, mais nous restions prudents dans nos choix stratégiques. Le lac d’Annecy est un plan d’eau montagneux où les vents peuvent évoluer très rapidement et rendre les courses particulièrement techniques. Nous gardions également en tête nos précédents résultats sur ce championnat : deuxièmes en 2024 sur ce même plan d’eau, puis encore deuxièmes lors du National 2025 disputé à Maubuisson. » Ces propos soulignent l'importance de l'humilité, de l'analyse tactique et de l'adaptation aux conditions, même pour des champions du monde. La régate sur le lac d’Annecy, organisée par le club de voile de Sévrier, réunissait 23 catamarans avec la participation d’équipages venus de Suède, de Hollande, de Suisse et de Belgique, attestant du caractère international de la compétition et du niveau élevé de la flotte. Les conditions météo favorables, avec la chaleur et une eau autour de 15 degrés, ont permis l'installation d'un phénomène thermique, offrant de superbes conditions de vent et de belles manches, propices à des performances de haut vol. Ils avaient également participé à la conception de leur bateau, qui était ensuite resté un mois dans le jardin d’Emmanuel Le Chapelier afin qu’il finisse de le préparer et de tout vérifier, une preuve de leur engagement total et de leur souci du détail, des qualités essentielles chez tout champion de catamaran.
Dans une autre catégorie, celle des catamarans Nacra 15, l'exploit de Charles Dorange avec son binôme quiberonnais Tim Mourniac fut également remarquable. "Ils étaient vraiment au-dessus du lot", avaient estimé les membres du jury à la fin de la sélection du dispositif bleuet en Nacra 15, en septembre 2016. À l'issue de cette sélection sur l'eau, les dirigeants de la Fédération Française de Voile étaient certains d'envoyer le meilleur équipage de Nacra 15 au Mondial ISAF qui venait de s'achever à Auckland, en Nouvelle-Zélande. Les épreuves ne leur ont pas donné tort puisque l'équipage français devint champion du monde dans cette catégorie où s'opposent des petits catamarans particulièrement maniables. Tim Mourniac s'est exprimé sur cette victoire : "C’était vraiment une super régate pour nous, on a bien navigué, on a su rester réguliers et placés tout au long de la régate et c’est ce qui a payé aujourd’hui : on arrive à gagner avant la dernière journée !" Charles Dorange, quant à lui, a déclaré : "C’est juste incroyable de gagner pour la troisième fois ce titre. L'évolution technologique dans le monde des catamarans est aussi une quête permanente. Le Morbihannais Emmanuel Dodé, âgé de 45 ans, en est un parfait exemple. Il vient de remporter le championnat de France de Class A 2024. Depuis 2018, ce navigateur, originaire d’Arradon, près de Vannes, enchaîne les podiums des régates les plus prestigieuses. Emmanuel Dodé, sur « Quetzal », a fini 9e au championnat du monde Class A organisé en septembre 2024 à Punta Ala, en Toscane (Italie), avec une flotte de 85 participants et 15 nationalités, démontrant la compétitivité de cette classe à l'échelle internationale. Ayant déjà remporté deux titres mondiaux en catamaran de sport Dart 18, le passage au Class A fut une évidence pour lui, une classe qu'il qualifie de "bateau volant". L'expression de Victor Hugo, « La mer est un espace de rigueur et de liberté », semble parfaitement décrire l'approche d'Emmanuel Dodé, qui fait preuve d'une rigueur exemplaire dans son aventure du bateau volant. Cette transition vers des bateaux équipés de foils, qui permettent aux coques de se surélever avec la vitesse et de sortir de l'eau, est une tendance lourde dans le sport, que Clément Martineau embrasse également avec son projet olympique sur Nacra 17.
- Ce samedi 13 juin, Enzo Balanger a été sacré champion d’Europe de moth à foils en Espagne, moins d’un an après avoir décroché le titre mondial.
- Enzo Balanger remporte le championnat d'Europe de moth à foils.
- À l’issue du championnat d’Europe de moth à foils qui s’est tenu du 7 au 13 juin dans les eaux de la baie de L’Escala, sur la Costa Brava en Espagne, le Français Enzo Balanger a décroché le titre de champion d’Europe.
- Moins d’un an après avoir été le premier Français sacré champion du monde de moth à foils, le Guadeloupéen Enzo Balanger une ascension remarquable.
- Sur la Costa Brava en Espagne, 37 concurrents étaient rassemblés pour disputer le championnat d'Europe de moth à foils.
Le spectacle des catamarans volants reviendra au large de la plage de la Malva-rosa. Après une première édition très attendue en 2026, Valence a officiellement été confirmée comme unique étape espagnole du championnat mondial Rolex SailGP Championship pour la saison 2027. Avec ses F50 capables de filer à plus de 100 km/h au-dessus de l’eau, SailGP cultive depuis plusieurs saisons une image de Formule 1 des mers. Pour Sir Russell Coutts, cette saison 2027 marque un changement d’échelle. Du côté des institutions valenciennes, le ton est à la satisfaction assumée. La maire de Valencia, María José Catalá, estime que la ville est désormais prête à inscrire durablement SailGP dans son paysage sportif. Même tonalité du côté de la Generalitat Valenciana. Le circuit européen fera ensuite étape à Portsmouth, Sassnitz, puis à Valence avant une dernière manche italienne dont la ville hôte n’a pas encore été révélée. Côté sportif, Diego Botín, pilote du Los Gallos SailGP Team et champion olympique, s’est félicité du retour de l’épreuve en Espagne. Le navigateur espagnol dit attendre avec impatience ses débuts en eaux méditerranéennes à domicile, dans une ambiance qu’il promet déjà électrique.

Le roi Juan Carlos a réalisé une nouvelle prouesse sportive. À 88 ans, l’ancien roi d’Espagne a défendu son titre de champion d’Europe dans la classe International 6 Metre, après une semaine de compétition très serrée. Le roi Juan Carlos est passionné de sports nautiques depuis son plus jeune âge. Il a participé à de nombreuses régates et compétitions. En 1972, il a même participé aux Jeux olympiques de Munich en intégrant l’équipe espagnole en classe Dragon, même si cette participation olympique ne constitua pas le sommet de sa carrière sportive. Le roi Juan Carlos vit en exil volontaire à Abou Dabi depuis 2020 et il rentre plusieurs fois par an en Espagne, principalement pour participer à des régates en Galice. Cette semaine, c’était en Suisse que le père du roi Felipe VI s’est rendu. L’infante Elena accompagnait également son père durant les premiers jours de la compétition, avant de rentrer en Espagne. Les dernières manches, disputées dans un vent changeant soufflant entre 10 et 12 nœuds, ont offert un suspense jusqu’à la fin, les écarts entre les premiers restant extrêmement serrés, explique Sail World. Grâce à une victoire lors de la dernière régate, Bribón s’est finalement imposé devant le bateau britannique Erica, tandis que le suisse Mecara complète le podium de la catégorie Classic. Ce succès permet à Juan Carlos et à son équipage de conserver leur titre européen, déjà remporté en 2024 à Sanxenxo, après une première victoire en 2022 à Cascais. Au-delà de la compétition, les régates constituent aussi pour l’ancien souverain un cadre privilégié pour entretenir ses liens avec le monde nautique. En dehors des courses, les yacht-clubs et les sociétés nautiques organisent divers événements festifs, caritatifs, mondains et culturels.
Nicolas Fontaine est un journaliste spécialisé dans les familles royales et l'histoire des monarchies européennes et mondiales. C’est un exploit que vient d'accomplir Charles Dorange avec son binôme quiberonnais Tim Mourniac. "Ils étaient vraiment au-dessus du lot" ont estimé les membres du jury à la fin de la sélection du dispositif bleuet en Nacra 15. C'était au mois de septembre 2016. Autant dire qu'à l'issue de cette sélection sur l'eau, les dirigeants de la Fédération Française de Voile étaient certains d'envoyer le meilleur équipage de Nakra 15 au Mondial ISAF qui vient de s'achever à Auckland, en Nouvelle-Zélande. Les épreuves ne leur ont pas donné tort puisque l'équipage français devient champion du monde dans cette catégorie où s'opposent des petits catamarans particulièrement maniables. Tim Mourniac : "C’était vraiment une super régate pour nous, on a bien navigué, on a su rester réguliers et placés tout au long de la régate et c’est ce qui a payé aujourd’hui : on arrive à gagner avant la dernière journée ! Charles Dorange : "C’est juste incroyable de gagner pour la troisième fois ce titre.
Le 4 mai 2020, le comité d'organisation de l'épreuve annonce que les 4 dernières manches de l'édition 2020 sont reportées d'un an, en raison de la pandémie de maladie à coronavirus. La compétition a été créée par Larry Ellison, fondateur d’Oracle et le champion de voile Russell Coutts. Leur but est d’établir un circuit de courses de voile mondial commercialement viable avec un large public. Cela avait déjà été tenté sans succès avec des séries comme les Extreme Sailing Series. Le format SailGP utilise des catamarans rapides à foils de classe F50 dans une variété d'endroits spectaculaires. Les bateaux F50 monotypes utilisés dans la compétition sont des bateaux de conception maintenus et exploités par SailGP. Les informations techniques sont également partagées entre les équipes, ce qui inclut de grandes quantités de données collectées à l'aide de systèmes Oracle. Chaque régate se déroule comme suit : deux jours de course, avec trois courses en flotte le premier jour et deux courses en flotte le deuxième jour. À l'issue de ces cinq courses, les trois premiers équipages du classement général participent à une finale qui détermine le classement des trois premiers bateaux. L'équipe victorieuse de chaque étape remporte 10 points, la deuxième 9 points, etc. La dernière course de la saison est une course de match racing (un contre un) entre les deux premières équipes de la saison avec un prix de 1 million US $.