Des navires de croisière ont été bloqués pendant près de deux heures, samedi matin, à l'entrée du port de Marseille, dans une action visant à dénoncer la pollution et l’impact environnemental des mastodontes des mers.
À bord de canoës, des membres des collectifs Stop Croisière et Extinction Rébellion ont bloqué l’entrée du terminal de croisière, obligeant au moins trois navires à patienter en mer et un ferry depuis la Corse à attendre l’ouverture du port.
« Une action coup de poing pour dénoncer la pollution des bateaux de croisière », expliquent les militants, qui estiment que ces « véritables villes sur l’eau » nuisent à la santé des populations et à la biodiversité marine.
Déroulement de l’action et mains tendues par les autorités
La gendarmerie maritime est intervenu pour déloguer les manifestants, déployés sur une dizaine de kayaks et munis de gilets de sauvetage, et le port a rouvert vers 9 heures.
Selon la préfecture maritime de la Méditerranée, une vingtaine de personnes ont été interpellées après l’intervention, et plusieurs navires ont été contraints d’attendre en mer au petit matin.
Au cours de l’action, des messages ont été publiés sur X par les militants, qui expliquent leurs motifs et dénoncent la pollution de l’air liée à ces paquebots.
Navires concernés et retours des retards
Vers 7 heures du matin, l’Aidastella, navire du croisiériste allemand Aida avec environ 2 000 passagers, a dû faire demi-tour après que douze canoës se soient positionnés à l’entrée de la rade nord de Marseille, provoquant un retard d’environ deux heures pour l’escale prévue.
Deux autres paquebots, le MSC World Europa (6 ᵉ plus gros paquebot du monde) et le Costa Smeralda, ont aussi dû patienter au large et n’ont pu entrer qu’autour de 9h30. Un ferry venant de Corse a également été retardé.
Contexte social et tensions locales
La situation s’inscrit dans un contexte où la grève des salariés de la SNCM impacte d’autres acteurs du tourisme marseillais, avec des blocages et des réorientations d’escales pour les paquebards de Costa, MSC et Croisières de France.
Des marins grévistes et des responsables syndicaux évoquent des revendications autour du pavillon français en Méditerranée et dénoncent le recours à des opérateurs privés pour la manutention, estimant que les bateaux exploités sous pavillons étrangers compliquent la situation et dénaturent le trafic local.
Selon les autorités, une partie des passagers a été transférée vers Toulon ou Sète, tandis que d’autres ont vu leurs escales annulées, renforçant un sentiment de désastre économique et social pour le secteur touristique marseillais.
Bilan et réactions
Les militants estiment que ces actions, bien que rares dans un des plus grands ports de France, permettent d’interpeller l’opinion et les autorités sur les enjeux environnementaux et sanitaires liés à la croisière.
Des porte-paroles évoquent des incidences sur la biodiversité marine et sur la qualité de l’air des zones portuaires, pointant du doigt une activité qui, selon eux, équivaut à une ville flottante nécessitant une régulation renforcée.
Ce dimanche, les médias locaux et nationaux ont relayé les témoignages des bloquants et des autorités, tandis que les lignes se répercutent sur le moral et les projets des acteurs touristiques marseillais pour la saison estivale et l’avenir des escales.
Impact sur le port et les escales futures
Pour la semaine en cours, le blocage a entraîné des réaménagements des itinéraires et des permutations d’escales, avec une attention particulière portée à la sécurité et au maintien de l’activité portuaire.
Les organisations syndicales de la CGT dénoncent une situation qui, selon elles, illustre le besoin d’un vrai cadre national sur les ports et les conditions d’emploi des marins, afin de préserver l’activité tout en garantissant des conditions décentes et des rémunérations équitables.

À l’échelle locale, Marseille continue de chercher un équilibre entre attractivité touristique et santé publique, tout en s’interrogeant sur l’impact environnemental des croisières et sur les politiques portuaires adaptées à l’essor du secteur.
Les sources parlent d’un mouvement qui se veut aussi symbolique que pragmatique, cherchant à porter des revendications qui dépassent Marseille et concernent l’ensemble du littoral méditerranéen, avec des implications sur les pratiques de navigation et de débarquement.