Ne les appelez plus auberges de jeunesse mais hostels ! Le virage opéré par ces établissements s’affirme jusque dans l’affichage de leur enseigne et l’adoption de cet anglicisme. La première différence avec les anciennes auberges de jeunesse - à l’image routarde et spartiate - tient à l’élargissement de leur clientèle. Les hostels attirent aussi bien les traditional voyageurs solos, les amis - jeunes et moins jeunes - que les familles et même les clients d’affaires ou congressistes. Les systèmes de réservation en ligne, notamment Booking, ont changé la donne. “Nous avons moins les baroudeurs de passage, la plupart des clients réservent désormais à l’avance.”
Si les auberges de jeunesse ont pu attirer ces nouvelles clientèles, c’est d’abord grâce à leur offre devenue hybride. Exit les énormes dortoirs, place à des espaces plus cosy avec davantage d’intimité ainsi que des chambres doubles ou familiales. “Le client choisit son niveau de confort, du dortoir partagé, avec salle de bains privative ou pas, à des chambres de 2 à 8 personnes cocooning”, détaille Pauline Staub, directrice marketing et commerciale de Grape Hospitality qui gère les douze hostels The People dont le premier a ouvert dans le Marais, à Paris, en 2022.
Des dortoirs dédiés aux femmes (ou aux hommes) correspondent également à une nouvelle demande. “Nous avons deux petits dortoirs réservés aux femmes, cela répond à un besoin de sécurité, différent selon les nationalités”, confirme Clémence Du Fou, gérante du Mustard Hostel, ouvert en novembre dernier à Dijon (Côte-d’Or). Cet établissement familial et indépendant propose même une salle de bain privée pour ses petits dortoirs (à partir de 4 couchages) et des chambres réservables avec un chien. Au Mustard Hostel comme à The People Lyon, les dortoirs de 4 à 12 personnes - sous forme de capsules - sont équipés de prise USB, de tablettes numériques, de liseuses, du wifi, ce qui colle aux souhaits des voyageurs comme des jeunes travailleurs ou étudiants qui s’y installent de plus en plus souvent faute de logement.
La digitalisation est une clé devenue incontournable permettant davantage d’autonomie pour les clients. L’early check-in, les lits bébé, le ménage, le linge de toilette inclus sont autant de services proposés au Mustard Hostel, qui compte 113 couchages en plein centre de Dijon. Chez The People, machine à café, shampoing et gel douche sont inclus dans les chambres. Une façon d’attirer les familles et une clientèle plus âgée qui recherche un certain confort. Et si les familles optent plus souvent pour un hostel qu’un hôtel classique, c’est d’abord en raison du prix. “Cela leur permet de passer une semaine de vacances chez nous avec des budgets resserrés tout en ayant de la qualité”, affirme Alain Cazaux.
Au Pays basque, une chambre de 4 personnes revient à 140 € la nuitée. À Dijon, la chambre double coûte 69 €, la familiale 149 €. Chez The People, une chambre pour 4 personnes est à 110 € en province et 180 € à Paris. Des tarifs qui restent compétitifs. Les hostels ont gardé le côté convivial des auberges de jeunesse. Pas question de faire l’impasse sur les cuisines communes et la grande salle de réception pour les voyageurs itinérants qui permettent aussi de recevoir des groupes et parfois, de privatiser les lieux. Dans toutes les auberges dernière génération, le point d’attraction tient au bar qui regroupe clients hébergés et locaux, parfois en télétravail la journée. Un point devenu central.
“Les Hendayais ont déjà pris l’habitude de venir boire un verre ou un café”, observe Alain Cazaux. À Dijon, Clémence du Fou a misé sur “un beau comptoir avec du sucré et du salé. Nous avons une cheffe de cuisine qui l’alimente en permanence”. Chez The People, la restauration est devenue un argument à part entière. “Nous avons une offre complète, adaptée et différente selon les villes, avec toujours les classiques burgers et purée-saucisse. À Paris Nation, nous avons un pizzaiolo sur le rooftop. À Strasbourg et Lyon, nous proposons des plats emblématiques, à Marseille, des tapas.”
Avec toujours, l’accessibilité des prix en ligne de mire. Chez The People Tours, le chef Jean-Baptiste Richard a construit sa réputation sur une cuisine métissée et street food : 60 à 80 couverts le midi, jusqu’à 150 personnes les soirs d’événements, 200 pour les brunchs du week-end - qui affichent complet plusieurs semaines à l’avance. Spectacle de danse tahitienne, stand-up, bingo et quiz apéro à the People Tours ; vide dressing de créateurs, apéros-jeux, animations tissées autour de partenariats locaux à Dijon ; parties de baby-foot, flipper, juke-box et animations musicales à Hendaye ; Drag show, karaoké, DJ set chez The People…
La qualité et la diversité des animations festives attire voyageurs comme locaux. Pour le faire savoir, elle s’appuie largement sur les réseaux sociaux et la newsletter de The People, qui cumule plus de 70 000 abonnés. À Dijon, Clémence Du Fou capitalise sur “un site internet attrayant et des réseaux sociaux dynamiques”.
Enfin, les rénovations d’anciens hôtels comme à Lyon, Dijon et Hendaye s’accompagnent parfois de locaux plus écologiques. Une tendance de fond pour Alain Cazaux. Beaucoup de gens qui n'ont jamais voyagé en auberge ont une vision plutôt sombre d'elles, et s'inquiètent de la question brûlante : les auberges de jeunesse sont-elles sûres ?
Même les voyageurs chevronnés peuvent parfois être méfiants, mais la plupart des gens ne rencontrent jamais de problèmes dans les auberges. Au lieu de cela, ils trouvent des hébergements abordables et sociaux qui leur permettent non seulement de découvrir les lieux qu'ils visitent, mais aussi un monde microcosmique de voyageurs internationaux à rencontrer et avec qui passer du temps. Voici notre guide sur 13 idées pour économiser de l'argent pour un voyage en auberge à long terme.
Alors, les auberges de jeunesse sont-elles sûres ? À notre avis : absolument ! La sécurité personnelle n'est pas vraiment un problème dans les auberges - tout le monde, y compris le personnel, veille les uns sur les autres. L'esprit communautaire dans de nombreuses auberges de jeunesse les rend même plus sûres que les hôtels. C'est sûr, séjourner dans une auberge est beaucoup plus amusant qu'une chambre d'hôtel ! Cependant, le vol se produit occasionnellement.
Peur ou non des vols, le texte propose des conseils pratiques: vérifier les avis en ligne, être conscient du quartier, laisser les objets de valeur à la maison, utiliser des casiers, faire des amis, et choisir des dortoirs adaptés. Central Hostel illustre ces mesures avec des casiers sécurisés et des zones dédiées, visant à limiter les risques. Ainsi, les auberges modernes combinent convivialité, services améliorés et sécurité renforcée pour répondre à une clientèle diversifiée et exigeante.
Éléments pratiques et exemples concrets
Dans l’offre des hostels modernes, les dortoirs peuvent être mixtes ou non mixtes, et des dortoirs dédiés aux femmes existent pour les voyageuses en solo. Les chambres privées et familiales répondent à des besoins spécifiques, tout en restant abordables. Les espaces communs - cuisines, grandes salles et bars - restent des lieux clés de rencontres et de socialisation, tout en permettant la privatisation partielle ou totale pour des groupes.
Les services numériques jouent un rôle central: check-in en ligne, bornes digitales, prises USB et wifi dans les chambres. Des exemples concrets se lisent dans les établissements mentionnés comme Mustard Hostel ou The People, où les prestations visent à attirer familles, jeunes travailleurs et étudiants en déplacement.
Les tarifs restent compétitifs, avec des fourchettes variables selon les villes et formats, mais toujours en comparaison avec les hôtels traditionnels. Des destinations variées, du Pays basque à Dijon, Paris ou Lyon, montrent la diversité des options et l’accès facilité par les plateformes de réservation.
Les animations et les expériences locales restent un atout fort des hostels: concerts, soirées, animations culturelles, partenariats locaux et activités communautaires attirent aussi bien les voyageurs que les habitants. Le rayonnement des réseaux sociaux et des newsletters contribue à instaurer une image dynamique et attractive.
Concernant la sécurité, les mesures typiques incluent l’accès par cartes-clés, des caméras dans les espaces communs et des politiques d’identification strictes. Cependant, malgré ces précautions, des risques existent et il est conseillé d’utiliser des casiers personnels et de limiter l’accès à ses effets de valeur. Des chaînes comme Central Hostel démontrent l’efficacité de l’approche moderne axée sur la sécurité, le confort et la convivialité.

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